La population du Burkina Faso a réagi avec consternation samedi à ce qui semble être l'attaque la plus meurtrière du pays depuis des années…

Burkina Faso

Massacre de Solhan : les Burkinabè appellent le gouvernement à réagir

La population du Burkina Faso a réagi avec consternation samedi à ce qui semble être l'attaque la plus meurtrière du pays depuis des années, après que des hommes armés ont tué au moins 160 personnes dans un village du nord.

L'attaque a eu lieu vendredi soir dans le village de Solhan, dans la province sahélienne de Yagha. Le marché local et plusieurs maisons ont également été incendiés dans cette zone située à la frontière du Niger.

Le président Roch Marc Christian Kabore a qualifié cette attaque non revendiquée de "barbare" et a déclaré trois jours de deuil.

A Ouagadougou, la capitale, les habitants, comme Bernard Ouedraogo, appellent le gouvernement à prendre des mesures pour empêcher que de telles attaques ne se reproduisent : " c'est vrai que le président a décrété trois jours de deuil sur toute l'étendue du territoire burkinabé. Mais nous espérons qu'il prépare aussi quelque chose, pour voir ce qu'on peut faire pour que ce genre de choses ne se produisent plus."

Le plus grand massacre

Les attaques djihadistes se sont multipliées ces dernières semaines au Burkina Faso mais selon l'analyste Siaka Coulibaly, les agresseurs ont franchi un nouveau cap dans la cruauté lors du massacre perpétré dans le village de Solhan : "c'est la première fois qu'il y a autant de morts en même temps dans une seule opération et surtout autant de morts civils. C'est pourquoi la population burkinabè est très triste en ce moment et les interrogations sur la capacité du pays et du système de défense et de sécurité à endiguer l'insurrection terroriste se multiplient."

Malgré la présence de plus de 5 000 soldats français au Sahel, la violence djihadiste augmente.En une semaine en avril, plus de 50 personnes ont été tuées au Burkina Faso, dont deux journalistes espagnols et un écologiste irlandais. Plus d'un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays.

AMIDOU OUEDRAOGO
Journaliste / Correspondant au Burkina Faso