Loi des Finances 2018 et déficit des caisses sociales

Nicolas Feuillate né en terre d'enchantement
Nicolas Feuillate né en terre d'enchantement
Nicolas Feuillate né en terre d'enchantement

 

Les deux casse-têtes du "gouvernement Chahed 2"

Loi des Finances 2018 et déficit des caisses sociales

Une fois investi, le "gouvernement Chahed 2" devra partir au secours d’une économie qui val mal ; trouver les moyens d’équilibrer les finances publiques et résoudre le problème des caisses sociales avec un déficit de 1,1 milliard de dinars.

S’il est un dossier qui constitue un vrai casse-tête pour le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, c’est celui de l’économie. L’action du gouvernement Chahed 2, qui se présente comme un gouvernement "de guerre", sera jugée sur ce terrain épineux.

Notamment au niveau de certaines réformes "exigées" par le Fond Monétaire International (FMI) qui accompagne la Tunisie pour redynamiser une économie qui va mal depuis le déclenchement de la révolution du 14 janvier 2011.

Tous les indicateurs du pays sont au rouge : l’inflation (5,7% en août 2017), chômage (15,3% au second semestre 2017 ; 30,3% pour les diplômés de l’enseignement supérieur), croissance du PIB (1,8% au cours du second semestre 2017) et déficit de la balance courante (5,7% au 30 juin 2017).

Dégringolade du dinar

Un tableau noir auquel il faudra ajouter une véritable dégringolade du dinar qui a perdu en deux ans (juillet 2015-juillet 2017) près de 30% de sa valeur : il faut près de 3 dinars pour obtenir 1 euro.

Mais aussi de grandes difficultés que connaissent les finances publiques. L’État a de réelles difficultés à payer les salaires de ses fonctionnaires qui constituent 14% de ses dépenses. Un plan de départ volontaire a été arrêté, mais ne semble pas avoir –du moins jusqu’ici- donné ses fruits : seuls 1000 fonctionnaires auraient répondu à l’appel sur les 7000 souhaitées.

Youssef sera attendu, dans ce même ordre d’idées, sur la mise en place d’une loi des finances pour 2018 qui permettra à l’État d’imaginer un budget qui devra permettre et d’exécuter ses programmes et d’équilibrer les comptes : le déficit budgétaire devrait atteindre, pour 2017, 6% du PIB.

Une dette de 66,9% du PIB

La dette  a grimpé, quant à elle, pour se situer, fin juin 2017, à 66,9% du PIB contre 60,3% un plus tôt.

Casse-tête majeur pour le gouvernement Chahed 2, qualifié par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le 6 septembre 2017, de "gouvernement de la dernière chance" : le déficit des caisses sociales qui ne cesse de se creuser : 1,1 milliard de dinars (environ 343 millions d’euros).

Casse-tête parce que le gouvernement Chahed sait que des réformes sur ce terrain (relèvement de l’âge de la retraite ou augmentation des cotisations) ou sur tout autre terrain risque d’envenimer davantage un climat social qui n’est pas au beau fixe.

Le chef du gouvernement sait qu’il devra faire avec une Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) qui a toujours déclaré que les plus démunis ne devront pas être les seuls à porter le fardeau !

  

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie