A Djerba, le pèlerinage de la Ghriba aurait attiré cette année  3000 visiteurs. Un record (+150%). Instantané à l’aéroport de Tunis…

Le pèlerinage de la Ghriba à Djerba fait revenir ses visiteurs

REPORTAGE

A Djerba, le pèlerinage de la Ghriba aurait attiré cette année  3000 visiteurs. Un record (+150%). Instantané à l’aéroport de Tunis-Carthage avec Maurice, agent immobilier parisien, qui a été de la « fête ».

« Vous connaissez beaucoup de pays arabes et musulmans  qui accueillent avec fierté un pèlerinage juif ». La cinquantaine dynamique, chemise blanche et cheveux poivre et sel en broussaille, Maurice H., agent immobilier à Paris, natif de La Goulette, une ville située à une dizaine de kilomètres de Tunis, ne tarit pas d’éloge sur l’intérêt manifesté  par la Tunisie au pèlerinage de la Ghriba à Djerba (12-14 mai 2017).

Rencontré à l’aéroport international de Tunis-Carthage, vers 19 heures (18 heuresGMT), en ce lundi 15 mai 2017, après avoir parcouru pendant une bonne heure, à bord des l’un des deux vols quotidiens, les 700 kilomètres, qui séparent  l’île des « Lotophages », ces « mangeurs de Lotos » (fruit qui font oublier aux hommes leur origine), identifié par Djerba, racontée par Homère dans son « Odyssée », de la capitale tunisienne, il en prend pour preuve « la vigilance sécuritaire » qui a marqué l’événement.

« On a prié, chanté et dansé. Comme on a goûté à des plats qui ont habité nos enfances »

L’armée et les forces de police n’ont pas lésiné sur les moyens pour sécuriser l’île. Partout en effet des hommes en armes, mais aussi des voitures blindés, des hélicoptères et des scanners.

Maurice s’attarde surtout sur l’ « ambiance de fête » qui a régné dans la synagogue de la Ghriba, épicentre d’un pèlerinage aussi vieux que le monde (elle contiendrait des restes du Temple de Salomon).

« On a prié, chanté et dansé. Comme on a goûté à des plats qui ont habité nos enfances », poursuit-il, en arborant une boîte de conserve d’harissa (une purée de piments rouges). « Quoi qu’on trouve la même à Paris », sourit-il.

Un record, selon les organisateurs, comparé à l’année précédente (+ de 150%)

Le pèlerinage de la Ghriba  fait courir les juifs notamment tunisiens vivant en Tunisie (environ 1000 âmes), en France et dans d’autres pays européens (Belgique, Suisse, Espagne,…).

Cette année, le pèlerinage aurait attiré près de 3000 visiteurs, un record, selon les organisateurs, comparé à l’année précédente (+ de 150%). L’insécurité régnant dans le pays depuis la Révolution du janvier 2011 a inquiété plus d’un juif tunisien.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est venu en personne

Et comme pour marquer sans doute le souhait du gouvernement tunisien de faire revenir les troupes, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, est venu en personne, le jour de clôture du pèlerinage, le dimanche 14 mai 2017, accompagné par le ministre de l’intérieur, Hédi Mejdoub, et la ministre du tourisme, Selma Elloumi Rekik, inspecter le déroulement de ce que le plus important quotidien tunisien d’expression française, La Presse de Tunisie, a qualifié, dans son édition du lundi 15 mai 2017, de « Ziara », un mot du dialecte tunisien qui signifie « fête religieuse ».

Une édition que Maurice a acheté dans un kiosque de l’aéroport de Tunis-Carthage pour « la monter, dit-il, aux amis restés à Paris ».   

     

     

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie