La Gambie est une économie petite et ouverte, qui repose sur l’agriculture et le tourisme. Elle reste donc très vulnérable aux changements climatiques et aux chocs extérieurs. L’incohérence des politiques, les dépenses élevées et les conditions météorologiques défavorables de ces dernières années ont pesé sur le potentiel économique et la maîtrise budgétaire du pays.

Gambie : l'urgence est à la transformation structurelle

L’économie gambienne tourne au ralenti faute de bonnes réformes

La Gambie est une économie petite et ouverte, qui repose sur l’agriculture et le tourisme. Elle reste donc très vulnérable aux changements climatiques et aux chocs extérieurs. L’incohérence des politiques, les dépenses élevées et les conditions météorologiques défavorables de ces dernières années ont pesé sur le potentiel économique et la maîtrise budgétaire du pays. En outre, l’économie gambienne affiche une dette et des taux d’intérêt élevés. Selon les estimations, la croissance ressort à 2.1 % pour 2016, en baisse par rapport aux 4.4 % de 2015. Ce tassement s’explique principalement par des dérapages dans la mise en œuvre des réformes, l’éviction de l’investissement privé, une saison agricole en demi-teinte et, en fin d’année, une situation politique qui a pesé sur le tourisme. Les perspectives pour 2017 et 2018 sont cependant favorables, les projections de croissance ressortant respectivement à 3.5 % et à 4.8 %, à condition que la transition politique se déroule dans le calme.

Economie gambienne


L’élection d’Adama Barrow à la présidence de la République en décembre 2016 représente le premier changement démocratique à la tête de l’État depuis l’indépendance de la Gambie. Son prédécesseur a dans un premier temps refusé de laisser le pouvoir, mais les efforts de médiation et les pressions militaires des autres pays d’Afrique de l’Ouest l’ont amené à quitter ses fonctions de manière pacifique. Les perspectives sont donc largement tributaires de la capacité du nouveau gouvernement à opérer une transition rapide et sans heurts, à assainir les finances publiques, à retrouver la confiance des partenaires, à stabiliser le pays pour faire revenir les touristes et à jeter les bases de la transformation économique. Sur le plan budgétaire, la reconstitution des coussins budgétaires devrait être une priorité absolue, notamment grâce à une meilleure gestion de la masse salariale, à un contrôle renforcé des dépenses, à un examen et à une restructuration des entreprises publiques et à la maîtrise des emprunts intérieurs.


Malgré une certaine transformation structurelle au cours des dix dernières années, la part du secteur industriel dans l’économie gambienne n’a pas augmenté sensiblement (15 % en 2013, contre 12 % en 2004), et la valeur ajoutée manufacturière ne s’est pas non plus accrue. Une intégration régionale insuffisante, le manque d’accès à une énergie fiable et bon marché, ainsi qu’une infrastructure et une formation sous-optimales font obstacle à l’industrialisation. De même, l’entrepreneuriat n’a pas encore réussi à décoller. Il pâtit d’une pénurie de compétences et de lacunes structurelles dans l’environnement des entreprises, notamment des difficultés d’accès au financement et à la terre, une fiscalité lourde et des procédures administratives imparfaites.  

Rédaction
Journaliste