A moins d'un mois du second tour de l'élection présidentielle, le Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo, accuse le chef de l’Etat…

Guinée-Bissau

Guinée-Bissau : le Général Umaro Embalo accuse Alpha Condé de vouloir l’empêcher de gagner la présidentielle

A moins d'un mois du second tour de l'élection présidentielle, le Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo, accuse le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé de rouler pour Domingos Simoes Pereira, candidat du PAIGC arrivé en tête au premier tour avec 40,13 %. Si c'est un fait avéré, le président Alpha Condé, lui même en très mauvaise passe dans son pays pour non respect de la volonté du peuple et de la Constitution peut-il prétendre à manipuler l'avenir politique de son voisin ? Explications.

le Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo

 

Dans un article de presse signé de Bissauactu, largement partagé par le candidat le Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo, 47 ans, (27,65 % des suffrages), soutenu par la dissidence du PAIGC, le Madem, il est écrit que le président guinéen, "médiateur de la CEDEAO pour la Guinée-Bissau conspire dans l’ombre pour permettre au PAIGC de remporter la présidentielle". Alpha Condé aurait téléphoné, (au moment où se tenait une réunion de coordination des forces hostiles au parti historique, le PAIGC) à Nuno Nubiam pour empêcher son alliance avec le candidat Embalo.

Alors que le leader générationnel Umaro Sissoco Embalo est en passe de décrocher le soutien de Nuno Nabiam, candidat du PRS/APU, arrivé en 3è position à la présidentielle avec 13,16 %, ça conspire dans les coulisses de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Une manière empêcher cette alliance et de détourner les voix de Nuno Nabiam vers le candidat du Part africain de l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

Achat de conscience

Pour mémoire, poursuit le journal donné proche du Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo, au lendemain des législatives de mars dernier, l’ambassadeur de Conakry accrédité à Bissau avait discrètement approché le leader du Parti démocratique de Guinée-Bissau, Nuno Nabiam, auquel était dévolu le rôle de faiseur de roi. La manœuvre visait à faire basculer la majorité absolue dans le camp du PAIGC. C’est à bord d’un appareil de la compagnie Asky Airlines que les émissaires de président Alpha Condé conduiront Nabiam à Conakry.

Pour contourner les regards indiscrets à Dakar, le vol passera par Lomé et Bamako. Une fois dans la capitale guinéenne, le pactole de 300 millions de fcfa sera libéré par Alpha Condé au profit de son hôte, qui rejoindra son pays à bord du jet privé de l’homme fort de Conakry. C’est comme cela que Nuno avait rallié le bloc parlementaire du PAIGC, sur pression intense de la Guinée, dont le mode opératoire n’a pas changé en direction du second tour de la présidentielle bissau-guinéenne.

Un boycotte de longue date

Il sied de rappeler que lors de la présidence guinéenne de l’Union Africaine en 2017, Umaro Embalo, alors Premier ministre contesté de Guinée-Bissau avait eu du mal à être reçu en audience par le président Alpha Condé. 

Dans l’entourage d’Alpha Condé, on clamait que le Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo n’était fréquentable. Finalement, le Général Umaro El Mokhtar Sissoco Embalo sera reçu des mois plus tard au palais Sékhoutouréya, à Conakry.

Compte rendu de la rencontre ? Mystère !

Alpha Condé, un donneur de leçon proche de la sortie

Pour l'heure, force est de constater que le président Alpha Condé qui s'accroche au pouvoir dans son pays malgré les règles strictes de la Constitution, son âge avancé et la volonté affirmée de changement du peuple guinéen n'est peut-être pas le mieux placé pour donner des leçons au Général Embalo dont la jeunesse et le parcours laissent optimistes.

« Aujourd’hui, l’enjeu en Guinée Bissau ce n’est pas de savoir qui sera président de la république, ce n’est pas l’économie, ni le social mais comment mettre fin au cartel de drogue qui empêche son développement et mine ce petit pays de 1,8 million d’habitants coincé entre la Guinée et le Sénégal », fulmine un diplomate en poste à Conakry.

En Guinée, des proches de Pereira accusent également Embalo d’avoir des soutiens qui ont pour noms Sékouba Konaté, ancien président de la transition et Cellou Dalein Diallo, principal opposant guinéen. Récemment, le général Konaté avait appelé ouvertement les Bissau-guinéens à soutenir Umaro disant de lui qu'il est : 

un homme qui n’est pas éclaboussé par des affaires de corruption. Il n’est pas trempé par des affaires de drogue qui sont légion en Guinée Bissau. A part le père fondateur, feu Amilcar Cabral, Embalo est l’une des rares personnalités Bissau-guinéennes dont les mains sont propres, qui ne traînent aucune casserole sale. Il m’a soutenu pendant la transition. Il était en quelque sorte l’émissaire entre le président Blaise Compaoré et moi. Il m’a rendu visite partout. A Addis-Abeba, au Maroc, en France, il est venu me voir un peu partout dans le monde

 

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction