Le président nigérian Muhammadu Buhari, élu à l’âge de 76 ans pour un second mandat en février, n'a toujours pas de gouvernement. Néanmoins, les noms qu'il a soumis au Parlement pour approbation, la semaine dernière, suscitent déjà la polémique.

Pour son second mandat, le président Muhammadu Buhari reconduit 14 de ses ministres

Gouvernement au Nigeria ou bis repetita non placent

Le président nigérian Muhammadu Buhari, élu à l’âge de 76 ans pour un second mandat en février, n'a toujours pas de gouvernement. Néanmoins, les noms qu'il a soumis au Parlement pour approbation, la semaine dernière, suscitent déjà la polémique.

Ainsi que le prévoit la Constitution du pays, le Sénat a validé cette semaine les 43 noms que lui a soumis le président. Cette liste respecte les équilibres religieux, culturels et géographiques mais pas de genre. En effet, très peu de femmes figurent dans la liste ministérielle. Les ministres ne sont pas encore entrés en fonction et personne ne connaît les portefeuilles auxquels ils seront assignés.

Selon la liste du futur gouvernement, le président Muhammadu Buhari a choisi de reconduire 14  ministres de son précédent mandat.

Parmi les principaux noms sur la liste validée par le Sénat figurent Babatunde Fashola, ex-gouverneur de l'État de Lagos et ancien ministre de l'Énergie ;

Rotimi Amaechi, ex-gouverneur de l'État pétrolier de Rivers et ancien ministre des Transports, ou encore Lai Mohammed, ancien ministre de la Communication.

Seulement sept femmes siègeront parmi les 43 futurs membres du gouvernement.

Muhammadu Buhari renouvelle notamment sa confiance à Zanaib Ahmed, ex-secrétaire d'État au Budget.

Signalons entre-temps un absent de marque à savoir Emmanuel Ibe Kachikwu, ancien secrétaire d'État au Pétrole. Ce dernier était l'une des rares personnalités issues du secteur privé et il travaillait directement sous la tutelle du président Muhammadu Buhari qui cumulait la fonction de ministre du Pétrole.

La moyenne d'âge de ce gouvernement se situe autour de 60 ans, alors que l'âge moyen est de 18 ans au Nigeria.

Alors que le pays peine à se remettre de sa récente récession économique et reste rongé par l'insécurité et la corruption, le chef de l’État nigérian – surnommé « Baba Go Slow » (Papa va doucement) - fait le pari d'une équipe qui a d’abord contribué à sa réélection présidentielle.

Tatou Tounkara
Journaliste