Au Gabon, la situation est difficile pour les employés de la société gabono-marocaine Satram. Autrefois fleuron du transport maritime et de la logistique auprès des compagnies pétrolières, Satram est quasiment en faillite. Un syndic liquidateur a été désigné, mais les salariés accusent jusqu'à 12 mois de salaires impayés. À Libreville comme à Port-Gentil, le personnel est en grève.

Gabon : les employés de la société portuaire Satram en grève

Gabon

Au Gabon, la situation est difficile pour les employés de la société gabono-marocaine Satram. Autrefois fleuron du transport maritime et de la logistique auprès des compagnies pétrolières, Satram est quasiment en faillite. Un syndic liquidateur a été désigné, mais les salariés accusent jusqu'à 12 mois de salaires impayés. À Libreville comme à Port-Gentil, le personnel est en grève.

La nuit est déjà tombée. L'entrée du port de Satram est cadenassée. Un feu géant brûle et éclaire les conteneurs stockés et les engins inactifs. C'est l'œuvre d'une cinquantaine de salariés candidats à un départ volontaire.

Fatigués d'attendre leur dû depuis 9 mois, ils ont décidé de barricader l'entreprise depuis lundi 28 mai : "Nous demandons notre dû. Il y a des familles disloquées, des enfants qui ne sont pas scolarisés, des gens qui sont mis à la porte parce que ils ne peuvent pas tout simplement régulariser leur loyer".

"Si nous n’avons pas gain de cause, le portail sera toujours fermé et personne ne travaille", prévient un homme.

Réduits à la mendicité et chassés des maisons par les bailleurs, plusieurs salariés dorment dans des conteneurs avec femmes et enfants. « Le bailleur m’a mis dehors. Je suis obligé de venir ici. Et ça fait déjà peut-être cinq mois que je suis là ».

"La maison détruite, on m’a chassé, on m’a dit de sortir, explique une femme. C’est pour cela que je me trouve ici. J’ai deux enfants".

Satram était une société prospère. La mort de son fondateur et les querelles entre actionnaires ont plombé la société. Depuis jeudi 31 mai, le personnel de Port-Gentil a entamé une grève générale illimitée devant le gouvernorat. C'est l'arrestation du syndic liquidateur, alors qu'il s'apprêtait à payer deux mois d’arriérés de salaires, qui a mis le feu aux poudres.

Rédaction
Journaliste