Comment réussir à faire tenir en une page le portrait d’un homme dont le parcours de vie est si riche ? Homme de terrain, ancien député européen, ancien membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ancien vice-président Afrique du Groupe Areva en charge du développement des Énergies renouvelables, son parcours est impressionnant. Fodé Sylla a toujours dénoncé le fossé grandissant entre les minorités et le reste de la société. Dans nos consciences collectives, il reste l’enfant noir de la République que l’on associe aux valeurs de SOS Racisme, ce militant de la diversité qui ne cessera jamais de se battre contre les stigmatisations des populations défavorisées. Portrait.

Retour sur la terre natale : entre savoir, diplomatie et expériences

Fodé Sylla, ambassadeur itinérant du Sénégal

Comment réussir à faire tenir en une page le portrait d’un homme dont le parcours de vie est si riche ? Homme de terrain, ancien député européen, ancien membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ancien vice-président Afrique du Groupe Areva en charge du développement des Énergies renouvelables, son parcours est impressionnant. Fodé Sylla a toujours dénoncé le fossé grandissant entre les minorités et le reste de la société. Dans nos consciences collectives, il reste l’enfant noir de la République que l’on associe aux valeurs de SOS Racisme, ce militant de la diversité qui ne cessera jamais de se battre contre les stigmatisations des populations défavorisées. Focus.

En 2014, Fodé Sylla choisi de s’installer à Dakar, au Sénégal, son pays d’origine. Une décision motivée par l’appel du Président de la République, Macky Sall, à associer la diaspora sénégalaise pour la construction nationale. Pari réussi. En 2014, Fodé Sylla pose ses valises à Dakar, au Sénégal, son pays natal et participe par ses actions au décollement de la croissance du pays passée en 5 ans de 2% à 6,7%. Toutes ces réalisations combinées aux perspectives liées aux récentes découvertes de pétrole et de gaz présagent un Sénégal émergent avant même 2020. Nul doute que Fodé Sylla fera parti de ceux qui favoriseront la réélection de Macky Sall en 2019.

L’Afrique ne doit pas être frileuse de sa diaspora

"L’Afrique ne doit pas être frileuse avec sa diaspora. Elle doit au contraire chercher à capitaliser sur l’expérience acquise par ses enfants ayant grandi hors du continent. Appartenir au pays d’accueil et à celui d’origine est une fortune dont il faut savoir tirer profit" répondait Fodé Sylla à la question d’un journaliste du Monde intéressé par ses motivations à accepter, en 2014, le poste d’Ambassadeur itinérant pour le Sénégal.

Sa mission en qualité de diplomate le rattache directement auprès de la présidence de la République sénégalaise. Son rôle consiste à renforcer les liens avec les pays dans lesquels il est envoyé. Ses dernières opérations étaient au Maroc où il a participé au festival Gnaoua d’Essaouira, au Festival d’Assida, à Guelmim pour saluer la politique africaine de SM le Roi Mohammed VI et très récemment à la conférence intergouvernementale pour l’adoption d’un pacte mondial sur la migration à Marrakech.

Par ses nombreux déplacements, Fodé Sylla renforce les liens politiques, économiques, sociaux-culturels, environnementaux, et permet aux pays d’échanger les savoirs, de partager les expériences. Ses initiatives s’inscrivent dans le cadre du "plan Sénégal-émergent" (PSE).

Lancé en 2014 par le président Macky Sall, le PSE entame sa deuxième phase autour d’une rencontre parisienne, les 17 et 18 décembre 2018 à l’occasion d’un Groupe Consultatif entre les décideurs publics du pays, les membres du secteur privé (notamment, le Club des Investisseurs du Sénégal  et le Conseil national du patronat), les  bailleurs et les  partenaires du développement. L’ambassadeur Fodé Sylla y sera présent.

Sur la question migratoire

Fodé Sylla est le haut parleur des sans-voix, des maillons faibles, des laisser pour compte. Rappelons qu’en septembre 2016, l’Assemblée générale des Nations-Unies a adopté la Déclaration de New-York pour les réfugiés et les migrants, qui ont officiellement lancé le processus d’élaboration d’un pacte mondial pour les migrations. Cette déclaration marque une étape importante dans la formulation d’une réponse mondiale aux migrations et aux déplacements forcés.

Les 10 et 11 décembre 2018, la conférence intergouvernementale qui s’est tenue au Maroc devait conduire à l’adoption d’un pacte mondial sur la migration, comme le prévoyait la résolution 72/244 de l’ONU du 24 décembre 2017.

Le diplomate Fodé Sylla y représentait le Sénégal et a précisé que la grande vertu d’un pacte mondiale est de protéger en matière de Droits de l’homme, de libertés fondamentales l’ensemble des populations migratoires victimes de la violence des passeurs, des xénophobes et de tout un tas d’autres lots de souffrance liées à l’intégrité physique. Il rappelait également que le Sénégal a mis en place une carte d’identité nationale biométrique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et que cela a régulé naturellement les flux migratoires bien que certains pays comme la Côte d’Ivoire persiste, sous couvert de souveraineté nationale à filtrer les entrées des ressortissants des pays limitrophes.

Fodé Sylla, en réel humaniste plaide pour un passeport africain pour éviter de cultiver l'esprit de fermeture, d’entre soi et la peur de l’autre.

Sur le passé colonial en France

"Il me semble important et même incontournable que la France règle définitivement son histoire coloniale (...) pour que cette histoire douloureuse soit enseignée dans les écoles de la République " affirmait Fodé Sylla dans une interview donnée à nos confrères du journal Le Monde en août 2017. Avant de rappeler aux jeunes Français "que le 1er décembre 1944, des combattants français, qu’on appelait alors tirailleurs sénégalais, ont été massacrés [à Thiaroye, au Sénégal] par d’autres soldats français alors qu’ils ne faisaient que réclamer le paiement de leurs pensions de démobilisation. Bilan entre 35 et 70 morts. Poser ces questions-là, ce n’est pas choisir une posture passéiste, mais contribuer au vivre-ensemble dans de meilleures conditions."

Pour autant, Fodé Sylla ne manque pas de rappeler que le Président Macron, depuis sa nomination en mai 2017 a reconnu ce que jamais un homme politique français, n’avait voulu reconnaître auparavant, en déclarant que "la colonisation est un crime contre l’humanité". Une déclaration qui valait pour les massacres commis par la France coloniale, à Thiaroye au Sénégal en 1944, à Madagascar en 1947 et au Cameroun dans les années 1950 et 1960.