Qu'on ne s'y trompe pas ! Nadji. Bi a été créée en 2014 par le franco-sénégalais Julien Potron. Cette start-up propose un système de pompage solaire connecté et utilisable via le modèle PAYGO : une manière de faciliter et optimiser la gestion de l’eau pour les agriculteurs sénégalais. L'idée est de rendre l’agriculture africaine « smart-agri » afin de renforcer l’autosuffisance alimentaire sénégalaise. Derrière cette invention se cache entre autres Audrey Kakpohoue. Il a à peine 25 ans et est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en électricité et diplômé d'un Master obtenu à l'African Institute of Mathematical Science. Il est autant à l'aise avec la conception électronique, la programmation logicielle que la crytographie. Rencontre avec Audrey Kakpohoue, Directeur du département recherche et développement de Nadji. Bi. 

Entrepreneuriat : "Le soleil n'ignore pas un village parce qu'il est petit"

Entretien avec Audrey Kakpohoue, l'un des inventeurs de Solar Water Pulse et finaliste d’EDF Pulse Africa au Sénégal

Qu'on ne s'y trompe pas ! Nadji. Bi a été créée en 2014 par le franco-sénégalais Julien Potron. Cette start-up propose un système de pompage solaire connecté et utilisable via le modèle PAYGO : une manière de faciliter et optimiser la gestion de l’eau pour les agriculteurs sénégalais. L'idée est de rendre l’agriculture africaine « smart-agri » afin de renforcer l’autosuffisance alimentaire sénégalaise. Derrière cette invention se cache entre autres Audrey Kakpohoue. Il a à peine 25 ans et est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en électricité et diplômé d'un Master obtenu à l'African Institute of Mathematical Science. Il est autant à l'aise avec la conception électronique, la programmation logicielle que la crytographie. Rencontre avec Audrey Kakpohoue, Directeur du département recherche et développement de Nadji. Bi. 

Audrey Kakpohoue et Christ Anderson Ahoua Boua, à la tête de l'initiative EDF PULSE AFRICA

 

54 ETATS : Comment est née votre envie de développer ce projet ?

Audrey Kakpohoue : Le projet Solar Water Pulse pour lequel j'espère être récompensé par EDF PULSE AFRICA _lors de la finale du 21 novembre_ a débuté au Sénégal, sur la Grande-Côte, entre Dakar et Saint-Louis, dans la région de Niayes. Là, les eaux précieuses et les sols fertiles, ainsi que des pluies régulières ont permis que se développe une culture maraîchère prospère, abritée de l'ensablement par un cordon de filaos. Je suis restée avec mes collègues de Nadji.Bi plus d'une semaine avec les Niayes à Mboro, à partager leur quotidien et leur repas, à ressentir l'hospitalité sénégalaise qu'ils appellent fièrement Teranga. Cette attitude qui fait que vous vous sentez toujours entouré, que vous êtes constamment bien accueilli, que vous avez la certitude de pouvoir faire confiance à une personne que vous connaissez à peine, que vous vous sentez bien tout simplement.

En discutant avec eux, nous avons découvert que la région de Niayes a beaucoup de potentiel. Les maraîchers sont propriétaires de la terre, ils ont de l'eau et le dynamisme qu'il faut pour travailler. Pourtant, malgré toutes ces richesses, les Niayes à Mboro restent pauvres. C'est un constat qui rend triste ! Alors, nous nous sommes dit que si ces gens avaient une pompe solaire munie d'un système d'irrigation automatique, ils économiseraient sur la main-d'oeuvre et l'argent dépensé dans les motopompes. Ce serait un réel levier de croissance pour leur activité.

C'est ainsi qu'est né Solar Water Pulse. Notre pompe solaire sur laquelle est greffé un boîtier électronique permettant la connectivité et de réaliser un système de remboursement progressif (Pay As You Go), rendant ainsi la solution accessible aux populations rurales alors que ces systèmes sont généralement dédiés aux populations urbaines ou péri-urbaines.

54 ETATS : Pourquoi un tel projet et en quoi est-il innovant ?

Audrey Kakpohoue : La problématique d'autonomisation de l'agriculture et d'accès au pompage solaire dans les zones rurales africaines d’accès à l’eau en zone rurale est réelle et représente un frein au développement économique des régions. C'est une souffrance quotidienne pour les exploitants agricoles d'arroser leur culture. Le Solar Water Pulse vient soulager les peines de ces populations en rendant les pompes solaires accessibles et en offrant l'automatisation de l'irrigation.

54 ETATS : Et le côté innovant technologiquement parlant ?

Audrey Kakpohoue : Le côté innovant de la solution provient des développements software que Nadji.Bi a incorporé, en particulier, un système de contrôle et de commande à distance, ainsi que prochainement, la prise en compte d’un ensemble de données provenants de capteurs pour adapter automatiquement l’arrosage au besoin hydrique réels des plantes. La société compte s'appuyer sur l'intelligence artificielle pour mieux maîtriser l’eau dans ces régions. La pompe sera ainsi contrôlée à distance par l'utilisateur grâce à l'application Nadji.Bi. disponible sur Android.

L'application Nadji.Bi. disponible sur Android

54 ETATS : Quel est votre modèle économique ?

Audrey Kakpohoue : Le modèle de distribution dépend beaucoup des partenaires financiers, essentiels pour rendre la solution accessible à notre cible. Nous avons des partenariats avec des banques et principalement avec la Banque Agricole du Sénégal pour ce produit qu'ils paient à une certaine hauteur et en assumant le recouvrement via la plateforme PAYGo. Nadji.Bi assure le recouvrement restant en PAYGo. Ses agents s'occupent de l'installation et de la maintenance. Nous avons une large gamme de pompes tri-phasées à choisir en fonction de la taille de l'exploitation. Le prix varie entre $2000 et $5000 par pompe. Un forfait annuel peut également être facturé pour la connectivité et le service après-vente à $60.

Nous voulons peser dans le marché africain au niveau de l'usage productif des produits solaires et EDF PULSE AFRICA peut nous aider, tout d'abord à avoir une belle visibilité, puis  à être rapidement un des leaders du marché. Ainsi, avec EDF PULSE AFRICA, nous pourrions trouver des partenaires, des investisseurs pour impacter davantage l'agriculture africaine. 

54 ETATS : Et le mot de la fin ?

Audrey Kakpohoue : La gestion intelligente des ressources ainsi que la digitalisation et l'inclusion financière de l'agriculture faite par les africains et pour les africains est en marche.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction