Ce dimanche 10 avril les Tchadiens sont appelés aux urnes pour choisir leur président. Une élection où un « coup KO » pourrait d…

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Elections présidentielles, ce dimanche au Tchad

Ce dimanche 10 avril les Tchadiens sont appelés aux urnes pour choisir leur président. Une élection où un « coup KO » pourrait d'emblée être asséné. Face à Idriss Déby Itno, président en poste depuis quatre quinquennats, difficile d’imaginer que l’un des douze autres candidats tire son épingle du jeu. Pourtant la contestation s’est faite entendre dans le pays.

Depuis 2001 Idriss Déby Itno est élu au premier tour. C’est que le président, âgé de 63 ans, laisse peu de place à d’autres candidats. En 2006 et 2011 l’opposition avait boycotté les élections, considérant que le risque de fraude était fort et donc le scrutin biaisé.

Si Idriss Déby peut briguer un cinquième mandat c’est qu’une modification a été apportée à la Constitution, permettant au président sortant de se représenter. En 2005 un changement du texte faisait sauter la limitation de mandats et permettait à Idriss Déby de se maintenir au pouvoir, alors qu’il était déjà en poste depuis le coup d’État de 1990, qui avait mis hors jeu Hissène Habré.

Treize candidats au total

Les quelque six millions d’électeurs tchadiens auront à choisir parmi treize profils, puisque douze autres candidats se présentent face au président sortant. Deux d’entre eux sont des figures historiques, déjà présents lors des scrutins de 1996 et 2001.

L’opposition se présente en ordre dispersé, même si 7 partis sont tombés d’accord pour soutenir le candidat de l’opposition qui serait présent au second tour, si second tour il y a. En effet un « coup KO », l'élection de Idriss Déby dès le premier tour, est possible.

Leaders de la société civile emprisonnés

Mais le fait que le président sortant se lance encore dans la course à la présidentielle, n'est pas du goût de tous. Ainsi le mardi 29 mars une journée de grève générale avait été organisé dans le pays. Un mouvement social suivi, en protestation contre l’arrestation de leaders de la société civile. Ce sont notamment l'Union des syndicats du Tchad et le Mouvement « ça suffit » qui appelait les Tchadiens à rester chez eux. La société civile s’est également retirée de la commission électorale, toujours pour protester contre le sort réservé à ses leaders.

Et à quelques jours seulement du premier tour, jeudi dernier, le procureur de la République a requis 6 mois de prison ferme contre les cinq leaders de la société civile, emprisonnés depuis deux semaines. Il leur est reproché d'avoir voulu organiser des rassemblements, d’avoir tenté de troubler l’ordre public et d’avoir fait opposition à une autorité légitime.


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