Les Djiboutiens votent vendredi lors d‘élections législatives boycottées par une grande partie de l’opposition, et qui devraient une nouvelle fois conforter le pouvoir du parti du président Ismaël Omar Guelleh, en poste depuis 1999. Et 25% de sièges sont réservés aux femmes.

Djibouti-législatives : le pouvoir grand favori, 25% de sièges réservés aux femmes

Djibouti

Les Djiboutiens votent vendredi lors d‘élections législatives boycottées par une grande partie de l’opposition, et qui devraient une nouvelle fois conforter le pouvoir du parti du président Ismaël Omar Guelleh, en poste depuis 1999. Et 25% de sièges sont réservés aux femmes.

Quelque 194.000 électeurs sont appelés aux urnes pour désigner 65 députés. Les bureaux de vote ont ouvert à 06H30 (03h30 GMT) et devaient fermer à 18H00.

"Les gens sont bien informés, ils savent bien comment ils vont voter et je crois que comme d’habitude ça va très bien se passer", a affirmé Abdoukader Doualeh Wesse, un des électeurs qui se présentaient au compte-gouttes devant les bureaux de vote.

Ces élections dans cette ancienne colonie française, indépendante depuis 1977 et qui occupe une position stratégique à l’entrée de la mer Rouge, risquent en effet d‘être encore marquées par une forte abstention.

L’opposition est divisée, comme lors de l‘élection présidentielle de 2016, aisément remportée par M. Guelleh (86,68%). Ce scrutin avait été boycotté par une partie de l’opposition et c’est à nouveau le cas pour ces législatives.

Le MRD, le Radde et une branche de l’ARD ont décidé de ne présenter aucun candidat. D’autres partis d’opposition ont choisi au contraire de participer, mais ils n’ont de candidats que dans certains endroits : le CDU à Ali Sabieh (sud), l’UDJ-PDD à Djibouti-ville et l’autre branche de l’ARD à Tadjourah (centre). 

Des opposants factices ?

Le parti au pouvoir (UMP) est lui représenté dans chaque circonscription. Ceux qui prônent le boycott estiment que ces élections ne peuvent en aucun cas être justes et transparentes, et que les partis d’opposition qui y prennent part ne font que cautionner le régime.

"Des partis qui se disent opposants sont en train de vanter les mérites du régime. C’est une preuve de plus que ces partis sont inféodés à la coalition au pouvoir. Ce scrutin n’apportera rien", plaide Abdourahman Mohamed Guelleh, président du Radde et ancien maire de Djibouti.

Pour Me Zakaria Abdillahi, le président de la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme et ancien député de l’opposition, le chômage et la pauvreté font qu’il y a "un désintérêt total de la population pour cette élection".

"Les listes des partis dits d’opposition ont été modelées par le parti au pouvoir", accuse-t-il. "La commission électorale n’est pas indépendante. Son président est le conseiller technique du Premier ministre".

En 2013, l’opposition s‘était présentée unie pour les législatives sous la bannière de l’Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis. Elle avait revendiqué la victoire, même si les résultats officiels avaient donné l’UMP gagnante.

L’espace féminin s’agrandit à l’hémicycle

En décembre 2014, un accord-cadre avait été signé avec le gouvernement, qui octroyait 10 députés à l’opposition et annonçait la création d’une Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Mais cet accord a surtout été le prélude à de nouvelles divisions au sein de l’opposition, qui s’est déchirée sur l’opportunité de participer ou non à la présidentielle de 2016.

Une innovation marque ce nouveau scrutin législatif, puisque la loi prévoit désormais que 25% des sièges de députés sont réservés à des femmes, contre 10% auparavant.

"Ces 25% de femmes au Parlement, c’est une mascarade pour faire plaisir à la communauté internationale", regrette toutefois Me Abdillahi.

AFP

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction