Après la réélection du président Pierre Nkurunziza, l‘économie burundaise plombée par la crise politique. …

Deux ans après la réélection du président Nkurunziza, l'économie burundaise est en chute libre

Economie

Après la réélection du président Pierre Nkurunziza, l‘économie burundaise plombée par la crise politique.

Avec un contexte politique tendu assorti d’une suspension de l’aide internationale suite à la crise politique, les ménages s‘étouffent d’une inflation qui ne fait que grimper. De plus, le secteur de l’agriculture représentant plus d’un tiers du produit intérieur brut et qui emploie plus de 80% de la population est marqué par une violente sécheresse. Résultat sur les marchés, les denrées alimentaires se font rare et les coûts sont plus exorbitants.

“Aujourd’hui, 1 kg de riz est vendu à 2000Fbu (plus d’1 dollar). Le haricot est aussi cher de même que le manioc. Il y a de la famine. Un petit gobelet de farine de manioc est aujourd’hui à un dollars. Ce qui signifie que dans la commune Mutambu, il y a vraiment de la famine” explique un paysan. 

L’interdiction d’exporter les produits vivriers de base depuis août 2016 vers les pays frontaliers qui représentent 17% des exportations pénalise la balance commerciale. De plus, le pays souffre d’un manque de devises étrangères. Malgré les interventions de la Banque Centrale pour défendre sa monnaie, le franc burundais continue à se déprécier face au dollar.

“Les deux ans ont été caractérisés par la rareté et les fluctuations du prix des devises parce que les étrangers ne viennent pas dans le pays comme avant. Nous avons vraiment eu des problèmes parce que les dollars sont introuvables. Juste au début des manifestations, 1 dollar était acheté à 1700Fbu, et puis ça a montré à 2000Fbu, 2500Fbu. Aujourd’hui, il est acheté à 2550Fbu” soutient un habitant.

Avec les faibles revenus du gouvernement, l’investissement public dans les infrastructures est freiné ce qui handicape le secteur de la construction. La persistance d’importants déficits publics et courants, conjugués à la suspension de l’aide internationale, fait peser un risque de surendettement dans les années à venir.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction