Les réactions se multiplient depuis les restrictions de voyage faites au Tchad par les États-Unis. Après l’Union africaine, la France, les…

Décret migratoire : le président malien interpelle les États-Unis sur les sanctions imposées au Tchad

Solidarité africaine autour du Tchad concernant le décret migratoire américain

Les réactions se multiplient depuis les restrictions de voyage faites au Tchad par les États-Unis. Après l’Union africaine, la France, les milieux diplomatiques et le Tchad lui-même, le président malien Ibrahim Boubacar Kéita est lui aussi monté au créneau.

Dans un communiqué paru le mercredi, le dirigeant malien a demandé aux États-Unis de reconsidérer leur position qui devrait tenir compte des efforts consentis par le Tchad pour la lutte contre le terrorisme.

Les analystes de la sécurité se sont montrés surpris par un décret du président américain Donald Trump de classer le Tchad aux côtés de la Corée du Nord et du Venezuela dans le cadre d’une interdiction de voyager faite à huit pays. Le choc est d’autant plus considérable pour le Tchad qui est un véritable partenaire sécuritaire des États-Unis depuis la guerre froide.

En Afrique, l’armée de cet État de l’Afrique centrale est un important rempart contre les mouvements armés locaux et régionaux. Le fort déploiement des forces tchadiennes le long de ses frontières a permis de contenir l’avancée du groupe islamiste Boko Haram qui sévit au Nigeria. Le Tchad est également engagé dans la Force multinationale mixte qui regroupe cinq pays du Sahel (Tchad, du Mali, du Niger, de la Mauritanie et du Burkina Faso) pour lutter contre l’extrémisme radical qui menace la région.

C’est d’ailleurs en sa qualité de président en exercice de cette force que le président malien s’inquiète de la logique américaine. Pour Ibrahim Boubacar Kéita, "cette décision pourrait affecter l’engagement du Tchad, qui jusqu‘à présent s’est avéré être un partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme au Sahel G5 et au-delà", poursuit le communiqué.

Visé pour manque de coopération avec Washington, N’Djamena reste sonné par cette mesure qui la loge à la même enseigne que des adversaires déclarés des États-Unis (Corée du Nord, Iran, Venezuela) ou des pays atomisés par la guerre civile et les groupes armés (Libye, Syrie, Somalie, Yemen), menaçant leurs voisins ou les intérêts et la sécurité des Américains.

Même aux États-Unis, la sanction américaine crée des remous. Des responsables du Pentagone ou encore du Département d’État ont exprimé leur vif désaccord selon le New York Times.

Rédaction
Journaliste