Bientôt un cadre de discussion réunissant opposition et majorité présidentielle au Togo ? La médiation entamée par le Ghana pourrait aller dans ce sens. Mardi, à Lomé, des émissaires du président ghanéen Nana Akufo-Addo ont rencontré la coalition des 14 partis de l’opposition engagée dans un bras de fer avec le président Faure Gnassingbé.

Crise politique au Togo

L'opposition accepte la médiation du Ghana et fixe les conditions du dialogue

Bientôt un cadre de discussion réunissant opposition et majorité présidentielle au Togo ? La médiation entamée par le Ghana pourrait aller dans ce sens. Mardi, à Lomé, des émissaires du président ghanéen Nana Akufo-Addo ont rencontré la coalition des 14 partis de l’opposition engagée dans un bras de fer avec le président Faure Gnassingbé.

Objectif, discuter des modalités d’un dialogue entre opposition et pouvoir afin d’endiguer la crise qui secoue le pays depuis près de trois mois. Signe de la bonne conduite de la médiation ghanéenne, les principaux ténors de l’opposition ont répondu présent à l’appel. Étaient notamment présents Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la coalition, Jean-Pierre Fabre chef de file de l’opposition et Oura-Djikpa Tchatchikpi, du parti national panafricain (PNP).

Après cette étape, la médiation du Ghana prendra également langue avec la majorité présidentielle qui s‘était déjà montrée ouverte à un dialogue avec l’opposition. Seulement, cette dernière évoque quelques exigences pour l’aboutissement des pourparlers. Entre autres préalables, la libération des prisonniers politiques ou encore la levée des sièges des villes de Sokodé, Bafilo et Mango au nord du pays.

Toutefois, ces aspirations n’esquissent pas les griefs de l’opposition qui demande la démission du président Gnassingbé, à la tête du Togo depuis 2005. Mardi, elle a qualifié mardi de “déclaration de guerre”, les récents propos du président Faure Gnassingbé accusant ses détracteurs d‘être responsables des violences des manifestations de ces derniers mois, et a réclamé une “enquête internationale sur les crimes qui se produisent au Togo”.

Depuis août, des manifestations quasi-hebdomadaires sont organisées par la coalition de l’opposition. Trois jours de manifestations sont de nouveau prévus la semaine prochaine. Les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants lors de ces rassemblements ont déjà fait au moins 16 morts. Apeurés, plusieurs centaines de Togolais ont fui vers le Ghana voisin.

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction