La Cour suprême de Côte d’Ivoire a rejeté jeudi 21 avril le pourvoi en cassation de Simone Gbagbo, l’ex-première dame, ouvrant…

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Côte d'Ivoire : Simone Gbagbo sera jugée pour "crime contre l'humanité"

La Cour suprême de Côte d’Ivoire a rejeté jeudi 21 avril le pourvoi en cassation de Simone Gbagbo, l’ex-première dame, ouvrant définitivement la voie à son procès pour "crimes contre l’humanité" prévu le 9 mai prochain.

 

« Je suis fortement déçu (…). La Cour suprême a rendu une décision politique », a réagi Me Rodrigue Dadjé, un des avocats de Mme Gbagbo. Simone Gbagbo avait été déboutée le 17 mars par la Cour suprême après avoir introduit un pourvoi en cassation contre son renvoi aux assises, au motif que son mémoire avait été déposé "tardivement". Me Rodrigue Dadjé, un des avocats de Mme Gbagbo, conteste cet argument, affirmant avoir déposé son mémoire dans les temps contre l'arrêt de la chambre d'accusation rendu le 27 janvier renvoyant Mme Gbagbo aux assises. La Cour suprême a été saisie une deuxième fois par la défense de Mme Gbagbo contre la décision du 17 mars.

Simone Gbagbo, épouse de l'ancien président Laurent Gbagbo - actuellement jugé à la Haye par la Cour pénale internationale (CPI) -, a été condamnée en mars 2015 à 20 ans de prison, notamment pour "attentat contre l'autorité de l'Etat", lors de la crise postélectorale de 2010-2011.
Considérée comme une protagoniste majeure de la crise, l'ancienne "Dame de fer", à la personnalité très controversée, est également poursuivie pour "crimes contre l'humanité" par la CPI. Mais Abidjan refuse son transfèrement à La Haye malgré plusieurs requêtes de la Cour, affirmant être en mesure d'assurer à l'ex-Première dame une justice exemplaire sur le sol ivoirien.
"Les infractions pour lesquelles elle est poursuivie à Abidjan sont les mêmes que celles de la CPI. Or le principe de la CPI est ceci : ou vous jugez la personne ou vous nous la remettez", avait expliqué un magistrat ivoirien ayant requis l'anonymat. Le président ivoirien Alassane Ouattara a affirmé début février qu'il "n'enverrait plus d'Ivoiriens" à la CPI, estimant que son pays avait désormais une "justice opérationnelle". La crise postélectorale est née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010. Les violences avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois. Si les deux camps se sont montrés coupables d'exactions pendant la crise de 2010-2011, aucun responsable pro-Ouattara n'a à ce jour été inquiété, ce qui nourrit les accusations par l'opposition de "justice des vainqueurs".

(avec AFP)

Rédaction
Journaliste