Trois députés comoriens ont perdu leur immunité parlementaire mercredi 3 octobre suite à un vote très contesté du bureau de l'Assemblée nationale. Le procureur avait demandé la levée de leur protection à cause de leur implication dans l'affaire de la citoyenneté économique pour deux d'entre eux et de celle de l'agression d'un gendarme dans un bureau de vote le jour du référendum constitutionnel pour les deux autres.

Comores

Comores : la levée de l'immunité parlementaire de trois députés interroge

Trois députés comoriens ont perdu leur immunité parlementaire mercredi 3 octobre suite à un vote très contesté du bureau de l'Assemblée nationale. Le procureur avait demandé la levée de leur protection à cause de leur implication dans l'affaire de la citoyenneté économique pour deux d'entre eux et de celle de l'agression d'un gendarme dans un bureau de vote le jour du référendum constitutionnel pour les deux autres.

Trois levées d'immunité parlementaire ont été accordées sur les quatre demandées par le procureur. Le député qui conserve la sienne entre dans les rangs du régime. Ibrahim Mohamed Soulé, parlementaire de l'opposition, crie à la collusion :

"Sur les quatre qui ont été demandés, on ne comprend pas pourquoi l'un de ceux qui étaient visés et qui, justement, est fortement impliqué jusqu'au cou dans cette affaire de citoyenneté le député Abou Achirafi, n'a pas été concerné par cette levée d'immunité. Aujourd'hui, donc, je me demande : est-ce que toutes ces manigances n'ont pas pour but non avoué et à peine masqué de rendre le Parlement inopérant, pour pouvoir après, légiférer par des ordonnances pour le Code électoral qui devra aussi organiser l’élection présidentielle à venir ?"

À la demande du procureur, ce vote avait pourtant été mené par le bureau complet la semaine dernière et rejeté à la majorité. Cette deuxième convocation pose donc question. Mais il n’y a aucun problème de légalité, assure Mohamed Daoud, le ministre en charge des Relations avec les institutions.

"C'est légal, c'est normal. Il ne faut pas oublier qu'il y a une enquête qui est en cours. La vérité doit être établie pour que l'opinion sache. D'ailleurs, je salue cette initiative du procureur de la République d'avoir redemandé que le bureau de l'Assemblée se réunisse à nouveau. Aujourd'hui, l'opposition demande que l'immunité ne soit pas levée pour ces parlementaires qui sont cités dans ces affaires-là. Quelque part, il y a des questions à se poser."

Les trois députés concernés disent se tenir à la disposition de la justice.

Rédaction
Journaliste