L’Assemblée des représentants du peuple, le parlement, et les biens confisqués ont été épinglées avec des manques à gagner de millions de…

Certains ont voulu y voir le signe de l’échec de la politique économique

Le 30ème rapport de la Cour des Comptes met le doigt sur des dépassements

L’Assemblée des représentants du peuple, le parlement, et les biens confisqués ont été épinglées avec des manques à gagner de millions de dinars.

Le 30ème rapport annuel de la Cours des Comptes a suscité, cette année également, l’intérêt de la presse en Tunisie et celui également de l’opinion. Très largement préoccupée du reste par la lutte contre la corruption engagée, en mai dernier, par le Gouvernement d’Union Nationale (GUN) présidé par Youssef Chahed.

Certains ont voulu y voir le signe de l’échec de la politique économique menée depuis la révolution du 14 janvier 2011. Du moins la preuve que celle-ci n’a pas renversé la vapeur en matière de lutte contre les dépassements observés lors de la longue gestion du pays par le président Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011).

Des augmentations de primes de 5,174 millions de dinars

Ainsi en est-il des députés de l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP), le parlement prévu par la constitution post-révolutionnaire de janvier 2014), ont bénéficié des augmentations de primes de 5,174 millions de dinars (environ 1,85 millions d’euros) destinés à la couverture des dépenses de logement et de restauration.

Des critiques répétées ont été faites à l’endroit des députés auxquels a été reprochée une certaine avidité.

Les résultats de ce rapport présenté, le 29 juin 2017, à Tunis, affirme également que l’ARP a conclu un marché (celui des enregistrements sonores des séances) sans contrat. Le marché porte sur un montant d’un peu plus de 118 000 dinars (environ 42 000 euros). Avec la précision suivante : l’entreprise qui a obtenu le marché a procédé à deux reprises à l’augmentation de ses prix.

Faiblesse des résultats de privatisation des sociétés confisquées 

Autre question qui a été posé au centre la conférence de presse de la Cour des comptes : la situation des biens confisqués ; ces derniers étaient la propriété du clan dit Ben Ali-Trabelsi, les familles de l’ancien président et de son épouse, Leïla Trabelsi, et de personnes qui ont bénéficié illégalement de leurs largesses.

La conférence de presse a relevé, entre autres, que "les dettes bancaires de l’Etat ont atteint 809,3 millions de dinars (environ 289,1 millions d’euros), du fait de la faiblesse des résultats de privatisation des sociétés confisquées".

Dans le même ordre d’idées et six ans après la révolution "la commission de saisie de ces biens n’a pas réussi, jusqu’à fin février 2016, à confisquer tous les biens concernés". Et la poursuite de gestion de ces biens par les personnes dont ils étaient confisqués a privé la trésorerie de l’Etat de 1,4 million de dinars (environ 500 000 euros).

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie