En Tunisie, les  politiciens n'ont pas bonne presse ! Une odeur amer flotte dans l'air et laisse présager que près des deux…

70,3% des Tunisiens pourraient ne pas voter aux Municipales

Décevant ou inquiétant ?

En Tunisie, les  politiciens n'ont pas bonne presse ! Une odeur amer flotte dans l'air et laisse présager que près des deux tiers des Tunisiens  (70,3%) pourraient ne pas voter aux élections municipales de 2018. Le point.

Le  chiffre est qualifié de "décevant", voir d’ "inquiétant". Les élections municipales prévues pour le 17 décembre 2017, ont été reportées à 2018 sans qu’aucune date précise ne soit encore fixée.

Selon une enquête, réalisée par le cabinet Sigma Conseils, entre le 21 août et le 19 septembre 2017, qui a touché 9 678 personnes, 23,7% des interrogés ont affirmé qu’ils ne voteront pas aux Municipales ; elles étaient à cette période encore fixées pour le 17 décembre 2017-  et 43,8% ont affirmé ne pas savoir s’ils allaient voter. Quant aux 2,8% restants, ils n’ont pas formulé d’avis.

Un chauffeur de taxi détenteur d’une maîtrise en mathématique

Des indications qui ont fait réagir nombre de Tunisiens sur ce qui leur paraît être un "désintérêt pour la chose politique" et même "un désaveu de la classe politique".

Suffit d'interroger un citoyen lambda d'une mégalopole en Tunisie pour s'en rendre compte : "Nous avons, fait  en 2011 et 2014 la queue devant les bureaux de vote, mais rien n’a changé ! Bien au contraire, personnellement, il m’arrive de regretter l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali" soutient ce chauffeur de taxi totalement désabusé.

Récemment une manifestation organisée contre l’adoption par l’opposition d’une loi sur la réconciliation nationale, qui veut amnistier des fonctionnaires qui ont commis des malversations sous la dictature de Ben Ali, a mobilisé 1000 personnes sur la plus importante artère de Tunis, l’Avenue Habib Bourguiba.

"Aux premières années de la révolution de 2011, les gens sortaient bien plus pour défendre leurs idées ou réclamer des changements", assure notre chauffeur de taxi, détenteur d’une maîtrise en mathématique.

Le pays n'est pas prêt

Une majorité de Tunisiens n'a pas réussi à améliorer son quotidien, et reprochent aux Politiciens de mal gérer leurs missions, de pratiquer la langue de bois et d'être égocentrique.

L’épisode des Municipales du 17 décembre 2017, reportées Sine die, serait un exemple flagrant selon notre chauffeur de taxi. Pour lui le pays n’est pas prêt : les partis ne sont pas prêts à vivre cette nouvelle expérience démocratique, les postes vacants dans la composition de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) ne sont pas tous pourvus, la mise en place des tribunaux régionaux administratifs et financiers n’est pas effective ainsi que le nouveau Code des collectivités locales et les textes applicatifs liés ne sont pas adoptés.

   

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie