C'est un message extrêmement positif qu'a délivré le président Akinwumi Adesina de la Banque africaine de développement (BAD) lors d’une réunion-débat en séance plénière ayant pour thème "Les finances et les infrastructures durables : exploiter le potentiel des services financiers de la City de Londres et du Royaume-Uni pour promouvoir la croissance en Afrique". Un discours stimulant dans le cadre du sommet sur l’investissement Royaume-Uni-Afrique 2020 qui s'est tenu à Londres, le 21 janvier dernier. Zoom sur les moments forts de son allocution.

NEPAD-IPP, l'organe de développement qui rend les pays africains plus "bankable" !

"Ensemble, faisons plus pour accélérer les investissements dans les infrastructures durables en Afrique"

C'est un message extrêmement positif qu'a délivré le président Akinwumi Adesina de la Banque africaine de développement (BAD) lors d’une réunion-débat en séance plénière ayant pour thème "Les finances et les infrastructures durables : exploiter le potentiel des services financiers de la City de Londres et du Royaume-Uni pour promouvoir la croissance en Afrique". Un discours stimulant dans le cadre du sommet sur l’investissement Royaume-Uni-Afrique 2020 qui s'est tenu à Londres, le 21 janvier dernier. Zoom sur les moments forts de son allocution.

L’Afrique compte aujourd’hui 8 des 15 économies dont la croissance est la plus rapide au monde. D’ici à 2030, 42 % des jeunes de la planète seront africains. Ils constitueront une main-d’œuvre et une base considérable de consommateurs potentiels. Alors que la crise économique des années 1980 et 1990 avait marginalisé l’Afrique – au moment même où l’Asie émergeait –, celle-ci a depuis connu un élan de prospérité. Malgré des situations de fragilité qui demeurent, l’essor des 54 Etats du continent se poursuit. D'ici à 20 ou 30 ans, après avoir résolu ses questions démographiques ou sécuritaires, l'Afrique deviendra le cœur du monde. C'est le moment de mettre les capitaux à la disposition du continent. C'est de ce renouveau africain et de sa transformation positive, de la globalisation du marché des capitaux, des pays de plus en plus bancables dont nous parle le président de la BAD. Un champ des possibles grandement appuyé par le NEPAD-IPP dont le fonds est géré par le département de Mike Moukaila Bamidele Salawou, chef de division Partenariats Infrastructures (PICU 3).

Les nombreuses potentialités de l'Afrique

L'Afrique affiche un déficit massif en infrastructures – des ports aux chemins de fer, en passant par les routes, l'électricité et les technologies de l'information et de la communication, indispensables pour stimuler sa compétitivité sur les marchés internationaux.

Le déficit d’investissement dans les infrastructures du continent oscille entre 68 à 108 milliards de dollars par an (...) c'est là une occasion valorisée entre 68 et 108 milliards de dollars si l'on considère tous ces défis comme un verre à moitié plein !

Le déficit d’investissement dans les infrastructures du continent oscille entre 68 à 108 milliards de dollars par an. "C'est énorme" soulève le président de la BAD avant de relever que "c'est aussi une occasion valorisée entre 68 et 108 milliards de dollars" et d'ajouter que "le problème du risque en Afrique est exagéré". Le continent a, dans son ensemble, cette capacité à opérer des mutations profondes en des périodes de temps courtes. Celles des dernières décennies ont été insuffisamment soulignées, l’Afrique n’apparaissant encore trop souvent dans l’actualité que lorsque des crises s’y produisent. Certes, de nombreux pays d’Afrique affichent encore un écart défavorable avec le reste du monde – en particulier en termes de pauvreté –, mais cela n’est en rien une mesure de la capacité du continent à se transformer. Le PIB réel par habitant du continent y est aujourd’hui 40 % plus élevé qu’au début des années 2000. Si les taux de croissance actuels se maintiennent, le PIB africain aura plus que doublé entre 2010 et 2030, quand celui de l’Europe n’aura augmenté que de 40 %.

Le problème du risque en Afrique est exagéré

Les pays africains se préparent à dessiner des voies d’émergence, exploitant l’ensemble des atouts du continent et renouvelant leurs stratégies."Le risque de perte en Afrique est plus faible qu’en Amérique latine. Pourtant, les fonds ne sont pas dirigés vers l’Afrique. Il y a 8 000 milliards de dollars en actifs gérés à Londres mais seulement 1 % de ce montant est investi en Afrique !" explique Akinwumi Adesina, le président de la BAD.

Akinwumi Adesina, Président de la BAD

 

NEPAD-IPP, un organe pour développer et financer les infrastructures

Le président de la Banque a appelé les investisseurs à se tourner vers l’Afrique et a rappelé les résultats de l’Africa Investment Forum, une initiative novatrice, pilotée par la Banque africaine de développement et ses principaux partenaires, destinée à accélérer le rythme des investissements sur le continent.

Cette plateforme multisectorielle unique en son genre est conçue pour faire avancer les transactions bancables jusqu’au bouclage de leur plan de financement. La BAD, à travers le NEPAD-IPP, a contribué à mobiliser des financements pour 8,5 milliards de dollars de projets d'infrastructures. Le NEPAD-IPP vise à débloquer des opportunités d'investissement bancables en Afrique. L’aide au développement – qui joue encore un rôle majeur pour les pays les plus pauvres et les plus fragiles d’Afrique – peut accompagner ces évolutions.

Lors du 2ème Forum, qui s’est tenu en novembre 2019 à Johannesburg, en Afrique du Sud, des transactions évaluées à 40,1 milliards de dollars ont retenu l’intérêt des investisseurs. En outre, le secteur de l'énergie recèle à lui seul des possibilités d'investissement de l'ordre de 30 milliards de dollars par an, en exploitant les vastes ressources de l'Afrique en gaz dans les énergies solaire, hydroélectrique, éolienne et géothermique.

Les perspectives d'investissement abondent pour faire de l'Afrique la première région au monde en matière d'énergies renouvelables. La Banque africaine de développement pilote le déploiement du programme «  Desert to Power  », afin de développer 10 000 MW d'énergie solaire dans toute la région du Sahel. Laquelle deviendra ainsi la plus grande zone d'énergie solaire de la planète. Il sied toutefois de rappeler que ce sont d’abord et encore majoritairement les gouvernements nationaux africains qui s’endettent pour financer le développement du continent (37,5 Mrd $). (Sources rapport 2018 de l'ICA).

C'est fort de ces nombreuses réussites et défis relevés que le président de la BAD rassemble autour d'une nouvelle vision qui doit permettre de prendre la pleine et juste mesure du continent. Ce changement de paradigme donne ainsi à voir des enjeux panafricains, des dynamiques insoupçonnées et des succès méconnus pour construire, dans un même élan, l’avenir de l’Afrique et celui de ses partenaires.

À propos du NEPAD-IPP

NEPAD-IPP

Le Fonds spécial pour le mécanisme de préparation de projets d'infrastructure de développement du Nouveau partenariat pour l'Afrique (NEPAD-IPPF), initié par la Banque africaine de développement, est un important mécanisme de préparation de projets en Afrique, qui joue un rôle de catalyseur dans la mobilisation de ressources pour la préparation de projets et programmes régionaux tels que comme le Programme de développement des infrastructures en Afrique. Il s'agit d'un fonds multidonateurs créé en 2005 pour aider les pays africains, les communautés économiques régionales (CER) et les institutions liées aux infrastructures à : préparer des projets d'infrastructures régionales / continentales viables et de haute qualité en vue de demander un financement auprès de sources publiques et privées ; développer un consensus et un partenariat pour la mise en œuvre du projet; et la promotion de projets et programmes d'infrastructures visant à renforcer l'intégration régionale. Le Fonds soutient des projets dans les secteurs des transports, de l'énergie, des TIC et de l'eau. Le fonds spécial est actuellement soutenu par la Banque africaine de développement en tant qu'institution hôte, le Canada, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Norvège, le Danemark et l'Espagne. La participation au fonds spécial est ouverte aux donateurs, aux fonds institutionnels et à d'autres fonds spéciaux pour les infrastructures
Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction