Dans un entretien accordé à 54ETATS, le député provincial Masumbu Baya, élu de la circonscription de Sekebanza et auteur de la motion de défiance contre le Gouverneur Matubuana, a fait une récapitulation des motivations qui l’ont poussé à lancer une démarche sur le départ du gouverneur ainsi que son adjoint. Par la même occasion, il a fait la restitution du déroulement de la plénière au cours de laquelle, les 24 députés ont voté pour la déchéance du Gouverneur. Il a également sur d’autres sujets d’actualité concernant la même affaire. Notamment, sur les allégations de corruption.

Congo - Kinshasa

RDC/ KONGO CENTRAL : entretien avec Masumbu Baya, député et auteur de la motion de défiance contre le gouverneur Atou Matubuana

Dans un entretien accordé à 54 ETATS, le député provincial Masumbu Baya, élu de la circonscription de Sekebanza et auteur de la motion de défiance contre le Gouverneur Matubuana, a fait une récapitulation des motivations qui l’ont poussé à lancer une démarche sur le départ du gouverneur ainsi que son adjoint. Par la même occasion, il a fait la restitution du déroulement de la plénière au cours de laquelle, les 24 députés ont voté pour la déchéance du Gouverneur. Il a également, sur d’autres sujets d’actualité concernant la même affaire. Notamment, sur les allégations de corruption. Interview.

54 ETATS : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à introduire cette motion de défiance ?

Masumbu Baya : Les motivations résident sur l’infamie et la dignité. Le gouverneur Atou Matubuana a jeté de l’opprobre dans le Kongo Central dans cette affaire qu’on appelle MIMI MWITA. Mimi Mwita c’est une assistance du gouverneur Atou Matubuana. C’est par cette femme qui  avait logé une maison de passage à Matadi. Et par cette maison d’horreur connaitra des problèmes qui vont faire couler beaucoup d’encre. Je me retrouvais en vacance parlementaire quand le bureau de l’Assemblée nationale m'as contacté pour participer à une enquête due à un évènement qui s’est déroulé à Matadi. Nous sommes rentrés, nous avons interrogé le gouverneur qui a nié toute cette affaire bien qu’il avait été cité par le vice-gouverneur. 

Nous avons commencé par le bas, par le haut c’est-à-dire par lui-même. Quand nous sommes arrivés vers la fin de l’enquête, par-là je me rends compte que monsieur Atu Matubuana était commanditaire de ce coup.

54 ETATS : Comment expliquez-vous cela ?

Masumbu Baya : Nous avons interrogé deux policiers, un homme et une femme qui étaient au service de Mwita à Nketa. Ils travaillaient dans la maison de cette dame. Lors de l’interview camp Molayi, qui est la prison central de Matadi, devant tous les députés qui faisaient cette enquête et devant quelques membres de la prison. La femme policière Manzaka qui va nous dire toute la description de la scène qui s’est déroulée le 25 août à 19h00. Elle a commencé de nous décrire la journée comment s’est passé. Déjà à 9h30, Monsieur Matubuana est accompagné par le REDOC. Le redoc c’est le responsable de l’Agence National de renseignements, au niveau de la province, il est aussi le secrétaire du comité de sécurité.

Lui et le gouverneur ils se sont amenés à 9 heures à la maison de passage où habite maman Mimi. Ils ont fait une heure à l’intérieur de la maison, pour étudier toutes les stratégies à mettre pour piéger son Vice-Gouverneur, Justin Luemba. Le gouverneur était en culotte.

Cependant à 13h00, c’est le Directeur du cabinet de Matubuana qui s’est amené et il a fait plus de deux heures du temps à l’intérieur pour causer avec Mimi. Il  est ressorti à 17h30. Ce n’est qu’après le REDOC est revenu avec deux agents de l’ANR dont, il les a placés à la maison et il est parti pour revenir encore à 18h30 pour que lui-même se cache dans la maison.

Pendant ce temps, Mimi a donné l’ordre à ses deux policiers, qu’il y aura quelqu’un qui va venir vers 19h00. Et vous allez éteindre de la lumière. Vous n’allez pas ouvrir le portail et moi-même je descendrais pour l’acquérir.

A 19h00, elle est descendue pour ouvrir le portail au vice-gouverneur qui s’est amené pour son action sexuelle. Mimi était habillée dans une tenue légère pour attirer son homme. Après, ils ont monté aux escaliers et toute la scène que vous avez vécue dans les différentes vidéos sur des réseaux sociaux.

C’est par  ce témoignage de la policière qui avait touché mon cœur. Comment voulez-vous qu’un gouverneur qui est à la tête d’une province et qu’un Vice-gouverneur qui est aussi son collaborateur direct, ils peuvent monter cette scène sur la place publique qui touche à la moralité ? Je me suis dit de faire une motion pour les faire partir.

54 ETATS : Est-ce qu’il ne s’agissait pas du tout d’un règlement de compte que vous avez profité pour venger contre le Gouverneur ?

Masumbu Baya : Pas du tout je n’ai aucun problème contre Monsieur Matubuana, c’est parce qu’il a fait cet acte d’infamie que je lui reproche. Il ne mérite pas par cet acte d’être à la tête de notre province. Sinon je n’ai aucun problème individuel ou le problème personnel contre lui. Pour votre information dans les jours avenirs, nous allons encore introduire d’autres motions sur sa gestion.

54 ETATS : Quelle en est de la version du Redoc et celle de son Directeur du Cabinet ?

Masumbu Baya : Nous avons interrogé tout le monde, à l’exception du Redoc et le Directeur du Cabinet, ainsi que les deux agents de l’ ANR qu’on n’a pas pu retrouver. Cet agent REDOC a été rappelé à Kinshasa pour une consultation et jusqu’à présent il a disparu. Il est dans la nature, peut-être l’ANR nous dira où il se trouve. J’aurais appris qu’il devait perdre son boulot, il a été mis de côté dans le service.

Alors, le Procureur va saisir l’occasion pour demander à notre Assemblée Provinciale , après avoir écouté tout le monde. Parce qu’il y eu des questions auprès de la Cour d’Appel de Matadi. Puisque le gouverneur est justifiable que devant la cour de cassation, les magistrats du parquet près la cour de cassation, sont descendis et ont ramassé tous ces papiers d’audition. Ces magistrats ont aussi entendu le REDOC. Je suis sûr qu’après avoir lu les procès-verbaux, les magistrats et le Procureur près la cour de cassation étaient convenus. Cependant le procureur a fait un réquisitoire, et en lisant ce réquisitoire, a rencontré tous nos sentiments accusant Atou comme commanditaire. Et, le procureur l’a même qualifié ainsi. Il a demandé à l’Assemblée provinciale d’autoriser la poursuite de Atou Matubuana devant le parquet près la Cour de cassation.

Alors là, Atou Matubuana va donner de l’argent aux députés provinciaux, ce qui avait fait en sorte que 21 députés contre 19 députés avaient voté contre la livraison de Matubuana. Et après je me suis dit puisque l’Assemblée n’a pas pu lever les immunités de Matubuana, moi je veux lui faire partir avec la technique parlementaire. Je lui ai fait une motion de défiance. Et cela n’a pas d’impact quelconque d’un problème individuel entre lui et moi. Il ne mérite pas gouverner la province.

54 ETATS : concernant la motion, certains de vos collègues députés, notamment Jean Claude Vuemba parle que votre motion est caduque. Car vous l’avez introduite au mois de septembre.

Masumbu Baya : Oui je reconnais d’avoir introduit cette motion au mois de septembre, puisque la session ordinaire va du 30 septembre au 30 décembre. Or, Monsieur Atou Matubuana avait été  suspendu. Et on ne pouvait entendre quelqu’un qui a été suspendu. La motion était au bureau de l’Assemblée provinciale et j’ai pris patience pour relancer ma motion. Le règlement intérieur me le permet, car nous sommes dans la même session ordinaire. Si on avait dépassé le 30 décembre, ma motion devrait devenir caduque. Mais à ce niveau-là, ma motion n’était pas caduque. Lisez la constitution et le règlement intérieur de notre Assemblée provinciale.

54 ETATS : Ne Pensez-vous pas que la délocalisation de la plénière viole le règlement intérieur  de votre Assemblée ?

Masumbu Baya : Par rapport à la délocalisation de la plénière, quand nous sommes arrivés, nous avons atteint 41 députés. Il y avait mêmes deux ministres provinciaux qui voulaient participer au vote. Ces ministres qui sont aussi élus députés, mais à partir du moment où ils ont choisi d’aller à l’exécutif, il y a eu incompatibilité. Pour regagner l’assemblée cela exige une procédure, c’est-à-dire une plénière où leur demande est enregistré, on demande à une commission spéciale d’examiner leurs dossiers. For malheureusement sans avoir suivi cette procédure ces deux ministres se sont présentés pour voter à l’Assemblée provinciale comme si c’était un poulailler.

Les CHAISSSES CASSEES

 

La délocalisation est venue, quand nous avons commencé l’appel nominal. Et Monsieur le Rapporteur Nzalambi va inclure ses deux membres du gouvernement, une femme et un homme. Et un député pro Atou a initié la motion incidentielle pour bloquer ma motion de défiance. Cela a fait naitre des discussions. Le Président de l’Assemblée provinciale n’a pas voulu poursuivre pour dire à ce député que sa motion-là d’ordre  n’a pas sa place. Le mieux serait d’entendre quand le débat va commencer.

A notre grande surprise les Députés Kongo, Lufua et Malonda ont commencé à siffler pendant 4h00. Ils ont insulté le Président, insulté le bureau et le Vice-Président. Voir même, provoqué les députés qui étaient calmes et assissent sur leurs sièges pour que la bagarre soit déclenchée. Alors aucun député n’a voulu répondre. Ces députés sont allés arracher le micro du Président. Ils ont déchiré le podium qui était décoré au couleur de la nation.

Pendant 4 heures, ils nous ont exhibé des scènes. Le président n’avait plus rien. Et on est allé acheter des lances voix. Plus tard, pendant 4 heures, le Président est resté sans parole. Ce qui nous a étonné pendant que ces honorables dérangeaient l’assemblée provinciale, ils se sont permis d’injurieux le Président de l’Assemblée provinciale. Ce dernier a donné l’ordre aux policiers de l’Assemblée provinciale de faire sortir ces honorables qui troublaient l’ordre de la plénière comme cela se fait partout dans toutes les assemblées, nationale ou provinciale, etc. For malheureusement, les policiers n’ont pas agi.

Cependant, le Président a pris le lance voix pour demande aux députés de délocaliser l’activité de cette plénière dans une autre salle. Ce n’est qu’après une heure, le Président va prendre la décision de suspendre la séance dans quelques minutes. Et nous tous sommes restés dans la ceinte de l’Assemblée provinciale. Quelques temps après, il y a eu un communiqué pour dire que la plénière a été délocalisée à un hôtel qu’on appelle BILOLO. Et c’est par là, que nous avons continué les activités de la plénière. Parce qu’on ne pouvait plus tenir au sein du siège de l’Assemblée provinciale.  Cette démarche est légale. Car, elle est conforme à l’article 5 de notre règlement intérieur.

54 ETATS : l’endroit où vous êtes allés  poursuivre la plénière, nous avons constaté l’absence de bon nombre des députés.

Masumbu Baya : Le communiqué était affiché, ces députés avaient des plans A et B. leur plan B, ils sont venus avec des pierres pour nous attaquer et le Président. Il s’agit là d’une bande des voyous, permettez-moi le terme. Ce n’est pas une bande des députés normaux. Parce qu’ils ont pris des pierres pour nous caillasser et nous lapider.  Et nous étions déterminés, nous sommes allés à BILOLO où il y avait du calme. Et nous avons continué notre plénière en bonne et due forme, jusqu’à l’avènement de la décision de retenir ma motion. C’est-à-dire de relever Monsieur Matubuana de ses fonctions.

54 ETATS : selon un article publié par un site d’information, nous citons Le grand Congo, il semble que tous les 24 députés  qui ont déchu Matubuana, parmi lesquels vous figurez vous étiez internés au site touristique Mbuela Lodge où vous auraient manifesté la colère suite aux promesses non réalisées celle de l’argent et des jeeps ?

Masumbu Baya : A la question de Mbuela Lodge,  il s’agit là d’une intoxication de la part des députés pro Atou. Ces gens sont entrain de mentir. J’affirme aucun des 24 députés n’a été corrompu.  Par contre, c’est Atou Matubuana qui est en train de donner des jeeps pour faire la marche en arrière. A Matadi, il porte un sobriquet « MABOKO BANQUE » qui veut dire nul ne peut résister devant la puissance de son argent.  Moi, je ma jeep que j’ai ramenée de l’assemblée nationale de marque Prado. Et beaucoup de nos collègues députés, ils en ont pas. Nous venons de faire 6 mois sans toucher nos honoraires. Nous sommes déterminés jusqu’au départ de Atou.

54 ETATS : Un député n’a été corrompu ?

Masumbu Baya : Moi Masumu Baya qui peut me corrompre ? Demandez à Atou qui peut me corrompre ?, lors des élections qui étaient organisées entre lui, Vuemba et Mbatshi. Vuemba doit me regarder en face, je m’adresse à lui Vuemba, si moi Masumu Baya je suis corruptible. C’est impossible. Si c’est lui est corruptible là je suis d’accord. Mais pas moi Masumu Baya. Il était avec moi. Nous étions dans un même regroupement politique. Il connait ma conscience et ma façon d’agir même à l’Assemblée nationale, je n’ai touché pas l’argent de la corruption. Donc c’est faux et archi faux, le séjours de Mbuela Lodge.  

54 ETATS : Et votre dernier mot ?

Masumbu Baya : Mon dernier mot d’après le Président, il a fait rapport au Président de la République, au Premier Ministre, au Vice-Premier Ministre en charge de l’intérieur et l’Assemblée nationale, le Sénat de ce qui s’est passé. Et à travers le vote. Et pour cela Atou doit partir. Et ce lundi il déposera sa démission auprès du Président de la République. S’il ne dépose pas, là loi va être appliquée. Pour nous l’assemblée provinciale Atou ne doit plus être gouverneur.

Beni Kinkela
Journaliste et correspondant en RDC