Kadjane A. Jacques est le Commissaire divisionnaire de police et le Directeur général du F.P.P.N. Il est de passage à Paris pour trouver des aides publiques pour ce Fonds. Son objectif ? Améliorer les conditions de vie, et de santé des policiers ivoiriens et de leur famille. Rencontre.

Côte d'Ivoire : Alerte sur le manque de moyens du FPPN

Entretien avec Kadjane A. Jacques sur le Fonds de Prévoyance de la Police Nationale

Kadjane A. Jacques est le Commissaire divisionnaire de police et le Directeur général du F.P.P.N. Il est de passage à Paris pour trouver des aides publiques pour ce Fonds. Son objectif ? Améliorer les conditions de vie, et de santé des policiers ivoiriens et de leur famille. Rencontre.

Kadjane A. Jacques :

54 ÉTATS : Quels sont les problèmes que traverse le FPPN ?

Kadjane A. Jacques : Le FPPN est en souffrance du fait des problèmes de trésorerie de l'État Ivoirien. Conséquence : les policiers ne bénéficient plus des droits que les textes (La loi n°78-635 du 28 juillet 1978) leurs ont reconnus.

Jusqu’en 2000, les salaires des fonctionnaires et agents de l’État n’ont pas connu d’amélioration de leur niveau de vie malgré les avancements aux grades. Ils ne peuvent plus subvenir à leur besoin de santé ainsi qu’à celui de leurs ayants-droit.

À l’avènement du Comité National de Salut Public (CNSP) après le coup d’État de 1999, l’Intendant Général Lassana Palenfo, alors Ministre d’État chargé de la Sécurité dans le gouvernement de transition, a recommandé la création sous le sceau de l’urgence, du Fonds de Prévoyance de la Police Nationale (F.P.P.N) à l’instar du Fonds de Prévoyance Militaire créé quinze ans auparavant et lequel Fonds avait véritablement aidé les militaires des forces armées et les Gendarmes dans la prise en charge médicale. Ainsi, le 27 juillet 2000, l’Assemblée Générale constitutive a procédé à l’adoption des statuts et du règlement Intérieur du FPPN.

Après 10 ans d’existence, le FPPN a connu des difficultés et des dysfonctionnements

Sur proposition du Conseil d’Administration et après soumission au vote des délégués, lors de l’Assemblée Générale du 24 Octobre 2013, le Fonds de Prévoyance de la Police Nationale s’est doté de nouveaux textes adaptés aux besoins exprimés par ses membres.

Depuis lors, le FPPN et toutes les autres mutuelles sociales de l’espace UEMOA est placé sous la tutelle administrative du Ministère des affaires sociales.

Le FPPN est une mutuelle spécifique

L'adhésion au FPPN est obligatoire pour tous les policiers. Ensuite, sans être une assurance ou une micro finance, le FPPN a adopté des produits d’assurance qui vont au-delà de la maladie, la maternité et les allocations qui sont ses objets primaires.

Les seules ressources du FPPN sont les cotisations de ses membres

Cette cotisation s’élève à 5% de la solde de base du membre participant.

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54 ÉTATS : Quels sont vos objectifs 2017-2020 ?

Kadjane A. Jacques : Poursuivre les efforts engagés et corriger nos défaillances. Nous avons mis en place 7 actions stratégiques !

L'une de nos priorité est de consolider la situation financière de la Mutuelle par des réformes structurelles et fonctionnelles

Il faut aussi accélérer l'accès à la propriété immobilière des sociétaires ; relancer les activités de prise en charge médicale et psycho sociale en luttant contre la fraude sous toutes ses formes. 

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54 ÉTATS : Avez-vous les moyens de mettre en œuvre ces objectifs ?

Kadjane A. Jacques : Pour mettre en œuvre une telle matrice, le FPPN, dont les ressources propres ne se résument qu’au prélèvement obligatoire à la source de 5% sur la solde de base de chacun des 18.000 policiers que compte la Police Nationale, devrait pouvoir bénéficier de l’appui financier du Ministère chargé de la Police Nationale !

Au plan macroéconomique, l’État Ivoirien subit de plus en plus de difficultés de trésorerie

De ce fait la prise en charge de certaines affections qui sont des charges régaliennes de l’État concernant des policiers pèsent à titre exclusif sur le FPPN. D’où le déséquilibre des comptes financiers du FPPN depuis sa création en 2000. Les dirigeants successifs espèraient que les Autorités feront droit aux différents recours du FPPN en mettant un place une subvention d’équilibre pour permettre à la Direction Générale de rééquilibrer les comptes et relancer les activités du FPPN.

54 ÉTATS : Pourquoi l’Etat ivoirien ne prend-il pas en charge dans ses dossiers prioritaires la réhabilitation de l’hôpital réservé aux policiers ivoiriens ?

Kadjane A. Jacques : C’est un principe très simple. La Polyclinique n’appartient pas à l’Etat, c’est une initiative de la mutuelle des policiers ; une structure privée. À ce jour, il n’y a pas de convention de cession de service public entre l’Etat et le FPPN.

54 ÉTATS : Comment améliorer la gouvernance nationale de la santé ?

Kadjane A. Jacques : Les mutuelles sont des instruments de lutte contre la pauvreté dans nos États. Une bonne gouvernance de la santé s’accommode avec une bonne stratégie Qu’en est-il au niveau de la Mutuelle de la Police Ivoirienne ?

54 ÉTATS : Quels sont les droits des assurés FPPN auprès de la sécurité sociale et les problèmes majeurs auxquels vous faites face ?

Kadjane A. Jacques : Le mutualiste et sa famille (épouse légale et six enfants mineurs) ont droit à la dispensation de soins que requiert leur état de santé en tout temps et tout lieu. Son épouse doit être prise en charge des consultations prénatales jusqu’à l’accouchement normale ou avec complications. En retour le policier a l’obligation de payer ses cotisations mensuelles et de participer à la vie de la mutuelle.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction