Le Japon accueille à partir de ce mercredi 28 août dans le port de Yokohama son sommet triennal avec l’Afrique. Ticad 7 a pour but de renforcer davantage les liens économiques entre l'archipel et le continent où le grand voisin chinois est omniprésent. La Ticad 7 se tient jusqu’à vendredi à Yokohama en banlieue de Tokyo.​

TICAD 7 : un sommet qui vise à obtenir un siège au Conseil de sécurité

Japon : ouverture du sommet TICAD7 à Yokohama

Le Japon accueille à partir de ce mercredi 28 août dans le port de Yokohama son sommet triennal avec l’Afrique. Ticad 7 a pour but de renforcer davantage les liens économiques entre l'archipel et le continent où le grand voisin chinois est omniprésent. La Ticad 7 se tient jusqu’à vendredi à Yokohama en banlieue de Tokyo.​

Le Japon accueille à partir de ce mercredi 28 août dans le port de Yokohama son sommet triennal avec l’Afrique. Ticad 7 a pour but de renforcer davantage les liens économiques entre l'archipel et le continent où le grand voisin chinois est omniprésent. La Ticad 7 se tient jusqu’à vendredi à Yokohama en banlieue de Tokyo.​

Des dizaines de chefs d'État africains ont été invités. Mais impossible hier d’avoir la liste exacte des présents. Le ministère japonais des Affaires étrangères a refusé de donner des noms avant l'ouverture, redoutant que certains annulent sous la pression de Pékin. C'est dire l'intense compétition à laquelle se livrent aujourd'hui les pays qui veulent rivaliser avec la Chine pour séduire l'Afrique. La Chine étant la grande puissance omniprésente sur le continent, que ce soit en termes d'aide au développement, d’investissement, de prêt et de commerce.

Le Japon a-t-il les moyens de ses ambitions pour l'Afrique ?

Le Japon a eu une bonne intuition en créant ce forum en 1993, quand les autres se détournent de l'Afrique pour s'intéresser aux pays de l'ex-bloc soviétique. Mais cet avantage temporel a été bref car Pékin a très vite organisé son propre évènement et déployé une stratégie africaine très offensive. Depuis cette première Ticad, Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, l'archipel nippon a distribué 47 milliards de dollars sur le continent alors que la Chine y consacre maintenant 60 milliards par an. En termes financiers impossible donc de lutter à armes égales avec Pékin. Idem en termes d'investissement direct : le Japon a investi en 2017 cinq fois moins que la Chine.

Tokyo a pourtant d'autres atouts. Et cherche à mieux faire connaître sa valeur ajoutée : d'abord des compétences reconnues en termes d'infrastructure de qualité, «de qualité» un terme récurrent dans le discours des officiels nippons soucieux de se différencier des Chinois. Leur maîtrise de la haute technologie est un autre atout incontestable des Japonais.

La flexibilité chinoise versus la rigidité japonaise

Le Japon a été pendant longtemps un donateur peu intrusif, une qualité appréciée en Afrique. Par ailleurs, le fait qu'il veuille s'impliquer davantage coïncide avec la montée d'une certaine méfiance à l'égard des projets chinois. La Tanzanie par exemple a finalement refusé l'investissement chinois de 10 milliards de dollars proposé pour rénover le port de Bayamago. Il y a donc une conjonction favorable. Maintenant, les procédures japonaises minutieuses d'examen des projets sont très longues et cela peut rebuter les pays intéressés. Et puis si le gouvernement nippon est de plus en plus pro-africain, les entreprises nippones peinent à suivre. Elles sont d'ailleurs invitées à cette conférence, comme elles l'étaient à la précédente qui s'est tenu au Kenya.

Que veut véritablement le Japon ?

Un prêt de 400 milliards de yen, soit 3,4 milliards d'euros devrait être confirmé pour la construction d'éoliennes en Egypte et de centrales géothermiques au Kenya et à Djibouti. Le quotidien des affaires Nikkei évoque une seconde enveloppe de 300 milliards de yens pour d'autres projets d'infrastructures, « de qualité » bien sûr. Ces cadeaux ont bien sûr une contre-partie : depuis des années Tokyo recherche le soutien des pays africains pour obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction