La tension ne s’estompe pas en Côte d’Ivoire où des mutineries ont éclaté jeudi. À Bouaké, épicentre de ses révoltes, trois blessés ont été…

Des blessés à Bouaké et Korhogo

MUTINERIES EN CÔTE D'IVOIRE

La tension ne s’estompe pas en Côte d’Ivoire où des mutineries ont éclaté jeudi. À Bouaké, épicentre de ses révoltes, trois blessés ont été répertoriés, tandis qu‘à Korhogo, dans le nord, deux civils ont été touchés.

Bouaké, ville du centre de la Côte d’Ivoire, capitale de la rébellion de 2002-2011, vit toujours au relent de la mutinerie qui s’est déclenchée jeudi. Ce samedi, trois personnes ont été blessées, dont une grièvement par les soldats mutins.

"Nous étions assis tranquillement à notre quartier général, quand ils sont arrivés dans deux véhicules. Ils étaient au moins dix soldats armés de kalachnikovs. Ils ont commencé à tirer sur nous", a affirmé à l’AFP Aboudou Diakité, un "démobilisé", du nom de ces anciens rebelles qui n’ont pas été intégrés dans l’armée ivoirienne. 

"Selon eux, depuis que nous sommes sortis pour paralyser le corridor Sud (manifestation de lundi), nous avons réduit leurs chances d’avoir leur argent", explique-t-il. "Ils disent que le président Alassane Ouattara veut nous donner le reste de leur argent. Faux, ce n’est pas vrai. Nous attendons des ordres pour agir". 

Plus au nord du pays, à Korhogo, autre territoire emblématique de la rébellion, deux civils ont été visés par les balles des mutins. À moto, ils auraient tenté de forcer un barrage des soldats quand ils ont reçu des balles au pied, a affirmé un témoin de Reuters.

À Abidjan, cependant, la situation est plus calme. Mais dans les villes de l’intérieur, les mutins refusent de rentrer dans les rangs. Ils exigent que leur soit rendu le reliquat de leur prime, comme convenu avec l‘État ivoirien.

Les mutins avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18.000 euros) pour chacun d’eux (des sommes importantes pour le pays), et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7.500 euros). On leur avait promis les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai. 

Jeudi, un représentant de soldats avait annoncé renoncer aux revendications financières, lors d’une cérémonie en présence du président Ouattara et d’autres soldats. Depuis cette déclaration, le chef d‘état-major de l’armée a menacé de lourdes sanctions tout soldat qui défierait la hiérarchie. Affirmant cependant que des mesures ont été prises par le gouvernement pour améliorer les conditions de vie et de travail des soldats.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction