Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche a accueilli jeudi dernier à Paris une journée de…

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Projet Aladin : la jeunesse face à la radicalisation

Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche a accueilli jeudi dernier à Paris une journée de réflexion et de mobilisation organisée par le Projet Aladin. Au programme de cette journée, des conférences, des témoignages et des rencontres sur les jeunesses euro-méditerranéennes face au terrorisme et à la radicalisation.

Pour cette occasion, Irina Bokova, directrice générale de l’Organisation pour l’éducation, la science et la culture des Nations Unies (UNESCO) est venue ouvrir les débats et cette journée placée sous le signe de la lutte contre la radicalisation des plus jeunes et le rôle de l’éducation dans cette lutte.

Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche, a, dans son discours, tenu à rappeler que le diplôme, même s’il est indispensable dans ce combat, ne fait pas tout : « Certains terroristes étaient et sont diplômés, voire très diplômés. Ils ont une soif d’absolu et donc vont vers la terreur, sur un autre terrain que l’éducation. Pourtant, partout où l’éducation augmente, la violence diminue. » La venue du secrétaire d’État prouve l’implication du gouvernement dans ce combat contre la radicalisation.

Ce n’est en tout cas pas toujours l’absence d’éducation et d’études universitaires qui est en cause, mais plutôt l’enseignement qu’on y donne.

Andreas Schleicher, le Directeur de la Direction de l’éducation et des compétences de l’OCDE abonde dans le sens de Thierry Mandon : les fanatiques « viennent parfois de bonnes familles. Ils ne sont pas exclus du monde moderne et de l’éducation ». Il y a selon lui une rivalité entre les valeurs occidentales (la République, le libéralisme, la démocratie…) et l’extrémisme. « Le réseau mondial d’université (…), les étudiants (du monde entier, ndlr) doivent penser global alors qu’aujourd’hui, il n’y a que la culture de leur pays. Ils vont devoir coopérer, apprendre à faire confiance ».

Selon Thierry Mandon, cela passe par « repenser l’éducation », « créer de l’empathie » et utiliser les informations du big data pour savoir si un élève va décrocher. Il faut, selon lui, « revenir aux fondamentaux : l’éducation, c’est la curiosité du monde ».

De son côté, le directeur général adjoint à la Direction générale Éducation et culture de la Commission européenne, Jens Nymand-Christensen, évoque plutôt les problèmes d’identité des jeunes européens et « les dizaines de milliers de jeunes perdus (sans) aucun projet de vie (avoir une famille, s’installer…) ». Selon lui, près de six millions de jeunes sont concernés en Europe. Ils « ne sont pas éduqués pour comprendre les autres cultures ». D’ailleurs, Jens Nymand-Christensen a insisté pour « ne pas oublier la jeunesse qui n’est pas dans les universités ».

Le Projet Aladin est un programme culturel et éducatif qui cherche à être un trait d’union entre les cultures juives et musulmanes, à rendre possible un dialogue fondé sur le respect mutuel et à combattre la désinformation, les mythes et le négationnisme qui sont les ferments des extrémismes.


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