Le film Inxeba continue de heurter la société sud-africaine depuis sa sortie, le 02 février dernier. L’homosexualité dans une société traditionnelle aux rituels sacrés : un scénario inacceptable pour beaucoup de Sud-Africains.

Inxeba, le film qui bouscule l'Afrique du Sud

South Africa

Le film Inxeba continue de heurter la société sud-africaine depuis sa sortie, le 02 février dernier. L’homosexualité dans une société traditionnelle aux rituels sacrés : un scénario inacceptable pour beaucoup de Sud-Africains.

Inxeba

Le film de John Trengove a failli être interdit au moins 18 ans, mais les censeurs n’ont pas réussi à faire taire le succès que le film remporte auprès d’une partie de la population. Inxeba a même été récompensé par les South Africa Film and Television Award avec le prix du meilleur film. Pour les réalisateurs, c’est un soutien très attendu qui dépasse les frontières du cinéma.

"Nous savions que la controverse pourrait être problématique. Nous pensions également que cela pourrait alimenter le dialogue et l’amener dans l’espace national comme cela a été le cas et donner l’occasion aux gens de parler de sujets délicats comme cette intersection entre la tradition et l’homosexualité. Le retour que nous avons reçu de la plupart des gens qui ont effectivement regardé le film, c’est qu’ils sont surtout bouleversés car nous mélangeons homosexualité, cette chose sale, dans leur rituel sacré.", raconte Elias Ribeiro, le producteur du film.

Menaces de mort

Entre homosexualité et virilité, tradition et liberté sexuelle, le film raconte le rite initiatique de la société Xhosa vécu par un jeune garçon amoureux d’un autre garçon. Inxeba, qui signifie la plaie, fait toujours des émules à tel point que certains acteurs, comme Niza Jay Ncoyini, ont reçu des menaces de mort. "Si mon destin, c’est d‘être tué par un groupe de personnes en colère contre quelque chose que j’ai fait, alors qu’il en soit ainsi. Donc, je ne suis pas inquiet que cela se produise. Si cela doit se produire, alors cela se produira. Je prends les précautions nécessaires pour me protéger, de la même façon que je prends les précautions nécessaires pour me protéger de l’homophobie, du racisme et de beaucoup de choses dirigées contre chaque identité que j’occupe." 

Le film sorti en février dernier a déjà reçu 19 prix internationaux, malgré les nombreux appels au boycott.

L’Afrique du Sud est pourtant le seul pays du continent africain à avoir légalisé l’homosexualité, force est de constater que la tolérance et l’acceptation ne sont pas encore généralisées

Rédaction
Journaliste