Son nom n'évoque rien au commun des mortels mais ces dernières années, en Europe, les actions liées à la paix des peuples et à la religion sont marqués de son empreinte. Le syrien Mohamad Izzat Khatab est un homme de paix. Profondément humain, les déchirures causées chaque jours à ses frères syriens génèrent en lui une souffrance profonde. En vrai challenger, ce père de famille sait ô combien rien ne remplace l’innocence brisée par le silence tonitruant de la guerre. Entre ses odeurs de rage, fureur, et fracas, Mohamad Izzat Khatab n’aspire qu’à une seule chose : redonner à la Syrie sa beauté d’hier. Portrait.

"Le plan Khatab rétablira l'économie et l'architecture de la Syrie suite aux dommages causés par la guerre"

Mohamad Izzat Khatab : la clef pour la Syrie de demain

Son nom n'évoque rien au commun des mortels mais ces dernières années, en Europe, les actions liées à la paix des peuples et à la religion sont marquées de son empreinte. Le syrien Mohamad Izzat Khatab est un homme de paix. Profondément humain, les déchirures causées chaque jours à ses frères syriens génèrent en lui une souffrance profonde. En vrai challenger, ce père de famille sait ô combien rien ne remplace l’innocence brisée par le silence tonitruant de la guerre. Entre ses odeurs de rage, fureur, et fracas, Mohamad Izzat Khatab n’aspire qu’à une seule chose : redonner à la Syrie sa beauté d’hier. Portrait.

        Le damascène Mohamad Izzat Khatab fêtera le 30 avril 2019 ses 50 printemps. Le parti Baas, d’inspiration socialiste a prit le pouvoir le 8 mars 1963, six ans avant sa naissance. Le silence lié au conservatisme, à la censure, il connaît. Et, c’est de ces observations et expériences de vie qu’est née l’envie de casser cet immobilisme national.

Une fois son service militaire effectué, il affine sa volonté de changement pour la Syrie par des études universitaires. En 1991, il obtient une Licence en Sciences économiques à l’Université de Damas. Puis, en 1994, il obtient un Doctorat en Sciences politiques, à l’Université d’Alep.

Après avoir observé amèrement une Syrie fonctionnant suivant un système clientéliste, clanique et sans équité, un État policier où les moukhabarat ou services secrets syriens pratiquent la loi du plus fort, Mohamad Izzat Khatab comprend. Il décide de s’armer autrement que par l’éducation pour raviver la flamme de son pays. C’est alors, qu’il quitte Damas pour l’Europe. Dès le début des années 2000, il devient un puissant homme d’Affaires opérant dans l’industrie minière : phosphate, pétrole, puis dans l’immobilier, le tourisme et le développement. Là, entouré d’esprits républicains, il appréciera l’essence des pensées philosophiques de Rousseau. L’idée que les systèmes politiques basées sur l’interdépendance économique et sur l’intérêt conduisent à l’inégalité, à l’égoïsme. Un mot qu’il exècre.

Par un verbe aussi fort et poignant que ceux des Poèmes sauvages (1970) du grand Nizar Qabbani, Mohamad Izzat Khatab a la volonté d’offrir à la Syrie la "République de l’amour" qu’elle mérite. Une nation moderne où les rapports humains sont libres et égaux en droits.

Entre temps, l’horreur est passée par là. Une crasse aussi sale que le drapeau de Daech qui flotte, à présent, jusque dans les chambres d’Europe et du reste du monde.

La Syrie affiche la guerre la plus sanglante de ce début du XXIème siècle. La révolte est présentée comme le produit des calculs politiques de l’alliance entre les États-Unis, les pays du Golfe et l’Europe.

Je refuse de rester silencieux et les bras ballants face à cette guerre. La solution pour pacifier la Syrie ne viendra pas de l’extérieur. Je suis syrien et j’ai un plan : le plan Khatab. Pourquoi restez-vous silencieux face à ma solution. À qui profites le crime ?

En effet, depuis le début de ce conflit né avec le Printemps arabe, en mars 2011, Mohamad Izzat Khatab s'interroge et exige à présent, la fin du temps de la haine.

Mon pays est détruit sur tous les plans, par la mort de plus de 4 700 000 syriens, par le déplacement de plus de 7,6 millions de personnes à l'intérieur de la Syrie. Appliquons une trève de six mois, comme le suggère le chapitre VII des Nations Unies dans le cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’actes d’agression.

Parmi les efforts pour régler ce conflit, Mohamad Izzat Khatab préconise l'application du Plan Katab, une feuille de route pour une période de transition de deux ans qui reconstruirait sur le plan politique, structurel et juridique l'Etat syrien. "Le plan Khatab rétablira l'économie et l'architecture de la Syrie suite aux dommages causés par la guerre. Mon plan inclut évidemment la réconciliation et la question des minorités en Syrie." 

Face à l’urgence, au-delà des mots, au-delà des finances qu’il ne réclame à personne pour en posséder suffisamment pour rebâtir une nouvelle Syrie. Une Syrie pour tous, comme le nom du parti politique qu’il a crée en 2012 : une belle alternative à l’échec. La Syrie pour tous, comme le nom de l’ONG qu'il a crée et dont la visée est de pourvoir aux soins médicaux, d’offrir une assistance juridique et de garantir le retour des millions de migrants syriens éparpillés dans les pays voisins et dont la présence, il faut tristement l’avouer, étouffe l’Europe. Alors, cet homme, à l’air naïf, aux visage rond et sourire innocent semble être, in fine, dans ce chaos, la clef pour la Syrie de demain. 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction