Le président-fondateur du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti de l’opposition au Zimbabwe, vient de quitter ce monde. Morgan Tsvangirai laisse un MDC quasiment au bord de l’implosion.

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, est mort

Zimbabwe

Le président-fondateur du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti de l’opposition au Zimbabwe, vient de quitter ce monde. Morgan Tsvangirai laisse un MDC quasiment au bord de l’implosion.

Une bien triste nouvelle qui vient de tomber comme un couperet. Même si on le savait mourant en raison d’un cancer qui le rongeait depuis des mois, voire des années, personne ne s’attendait à ce que Morgan Tsvangirai décède ce 14 février. "Comme vous le savez, le président de notre MDC (Mouvement pour un changement démocratique) Morgan Tsvangirai ne se portait pas bien depuis un certain temps. C’est avec tristesse que j’annonce que nous avons perdu notre icône et notre combattant pour la démocratie", a déclaré Elias Mudzuri, un des vice-présidents du MDC, sur sa page Twitter.

Né le 10 mars 1952 à Gutu au sud du Zimbabwe, Morgan Tsvangirai est un shona, ethnie présente également en Zambie voisine. Contre-maître dans une entreprise d’exploitaion du nickel, il s’affirme beaucoup plus comme syndicaliste en intégrant dans les années 1970 l’Associate Mine Workers Union. Ses prises de position et ses propositions vont lui permettre de gravir très rapidement des échelons les plus importants jusqu’au poste de secrétaire général du Congrès des syndicalistes zimbabwéens (Zimbabwe Congress of Trade Unions) en 1988.

Accusé d’ "espionnage pour l’Afrique du Sud" en 1989, Tsvangirai entame une carrière politique fulgurante en se présentant comme le principal opposant à Robert Mugabe. Un rôle qu’il aura joué pendant tout le règne de celui qui a dirigé le Zimbabwe d’une main de fer pendant 37 ans. En 1999, il crée le MDC. Instrument qui lui a permis de défendre la démocratie jusqu‘à son extinction ce mercredi.

Mais, son parti est miné par des divisions internes du fait des luttes de succession. Notamment entre les deux vice-présidents Elias Mudzuri et Nelson Chamisa qui ont déjà fait part de leur intention. Ce qui pourrait susciter d‘âpres discussions, voire disputes, au point de déchirer le parti. Au grand bonheur du parti au pouvoir qui pourrait prendre de cours l’opposition, surtout que la date précise des élections n’est pas encore fixée.

Conséquence, l’opposition pourrait encore manquer le grand rendez-vous avec la magistrature suprême. Un congrès du MDC serait alors nécessaire pour anticiper ou juguler ces dangers à venir.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction