Les économies africaines ont été résilientes et accélèrent le mouvement. Estimée à 3,6 % pour 2017, la croissance de la production réelle devrait s’accélérer à 4,1 % en 2018 et 2019. Dans l’ensemble, la reprise de la croissance a été plus rapide que prévu, en particulier dans les économies dépendant peu de leurs ressources naturelles. L’économie mondiale est, elle aussi, en meilleure forme, avec une croissance plus rapide et des marchés dynamiques des capitaux. Avec plus de 100 mille milliards de dollars EU d’actifs gérés dans le monde par des investisseurs institutionnels et des banques commerciales à la recherche de bons rendements, les pays africains disposent aujourd’hui d’une série d’options, en plus de leurs ressources nationales et de l’aide étrangère, pour financer leurs investissements.

Le mot d'Akinwumi A. Adesina, président Groupe de la BAD

Perspectives économiques en Afrique en 2018

Les économies africaines ont été résilientes et accélèrent le mouvement. Estimée à 3,6 % pour 2017, la croissance de la production réelle devrait s’accélérer à 4,1 % en 2018 et 2019. Dans l’ensemble, la reprise de la croissance a été plus rapide que prévu, en particulier dans les économies dépendant peu de leurs ressources naturelles. L’économie mondiale est, elle aussi, en meilleure forme, avec une croissance plus rapide et des marchés dynamiques des capitaux. Avec plus de 100 mille milliards de dollars EU d’actifs gérés dans le monde par des investisseurs institutionnels et des banques commerciales à la recherche de bons rendements, les pays africains disposent aujourd’hui d’une série d’options, en plus de leurs ressources nationales et de l’aide étrangère, pour financer leurs investissements.

Des défis persistent toutefois, en particulier en ce qui concerne les stratégies de transformations structurelles susceptibles de créer plus d’emplois et de réduire la pauvreté.  Celles-ci doivent impérativement renforcer l’investissement dans l’agriculture et y développer des chaines de valeur qui permettront de dynamiser le secteur manufacturier moderne et les services. La diversification économique est donc essentielle pour la résolution des problèmes du continent, ceci compte tenu notamment de la situation démographique qui pose des défis. La première priorité est d’adopter des stratégies de croissance visant à absorber la main-d’œuvre. Une deuxième priorité est d’investir dans le capital humain, en particulier dans le développement des compétences entrepreneuriales des jeunes, afin de faciliter la transition vers des secteurs modernes à haute productivité.

Des politiques macroéconomiques prudentes et soutenues sont nécessaires pour créer les incitations et l’environnement des affaires dont le secteur privé a besoin pour jouer son rôle. Ces politiques doivent chercher à assurer la compétitivité extérieure pour éviter la surévaluation des taux de change réels et tirer pleinement avantage du commerce, améliorer les recettes fiscales et assainir la dépense publique. Pour atteindre ces objectifs, le cadre macroéconomique doit combiner la souplesse dans la gestion des taux de change, la mobilisation des recettes intérieures, et une gestion judicieuse de la demande. Le thème particulier étudié cette année est l’investissement massif requis dans le domaine des infrastructures. Pour exploiter le vaste potentiel de développement des infrastructures, les autorités nationales devront mettre en place des mécanismes institutionnels efficaces destinés à gérer les tâches complexes que sont la planification, la conception, la coordination, et la mise en œuvre des projets, ainsi que la réglementation. Elles devront également prêter attention aux aspects non matériels du développement de l’infrastructure : les grandes questions de politiques et de réglementation, la formation d’équipes capables d’exécuter des montages financiers, et des recherches constantes pour se maintenir à la pointe des connaissances.

Une nouvelle analyse de la Banque africaine de développement révèle que les besoins d’infrastructure de l’Afrique se chiffrent entre 130 et 170 milliards de dollars EU par an. Un montant nettement plus élevé que les 93 milliards annuels longtemps acceptés. Les pays africains ne sont toutefois pas obligés de résoudre tous leurs problèmes d’infrastructure pour réaliser une croissance inclusive. Ils doivent se concentrer sur la meilleure façon d’utiliser leurs budgets d’infrastructure limités pour obtenir les rendements économiques et sociaux les plus élevés.

Comme le note le rapport 2018 de la BAD, les projets d’infrastructure sont parmi les investissements les plus profitables qu’une société puisse effectuer. Quand ils sont productifs, ils contribuent à la croissance économique du pays et la soutiennent. Ils fournissent donc les ressources financières nécessaires pour réaliser d’autres objectifs.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction