Perspectives économiques en Guinée équatoriale - année 2017/2018

Dynamique économique en Guinée équatoriale

Equatorial Guinea

En 2016, l’économie de la République de Guinée équatoriale (RGE) reste marquée par la prédominance

des hydrocarbures, qui représentaient 85 % du produit intérieur brut (PIB) et plus de 94 % des exportations

en 2015, selon le Fonds monétaire international (FMI). Les autres secteurs relativement importants sont la

construction (7 % du PIB en 2015), l’agriculture, la foresterie et la pêche (2 % du PIB), ainsi que le commerce

(1.6 %). Bien que ces secteurs progressent relativement par rapport au secteur des hydrocarbures, cette

amélioration reste très marginale depuis 2013. La diversification économique, qui tarde à se matérialiser,

demeure un objectif important pour la croissance et la stabilité économique du pays à moyen et long terme.

Ces trois dernières années, la chute du prix du pétrole a affecté lourdement l’effort de développement du

pays.

 

La chute des cours a des conséquences immédiates et durables sur le budget de la Guinée équatoriale (RGE),

d’autant  qu’elle s’accompagne d’un déclin de la production, estimé à 155 000 barils équivalent pétrole par jour en

2015, en baisse de près de 5 % en volume par an ces 10 dernières années. Cette chute des prix affecte

également la structure de la balance des paiements, en raison de plus faibles recettes d’exportation. La baisse

des recettes de l’État pèse directement sur le reste de l’économie, au vu de l’importance des commandes

publiques dans la stimulation des secteurs hors hydrocarbure. Il est à noter que les dépenses d’investissements

reflétée dans la Loi de finances 2015 (1 951 milliards de francs CFA) correspondent à 85 % des recettes prévues.

La Loi de finances 2016, sur fonds de récession, indique que les autorités ont choisi de maintenir un fort niveau

d’investissements, tout en préservant les grands équilibres.

 

Le secteur privé équato-guinéen ressemble à celui de beaucoup d’autres pays en développement, malgré

des caractéristiques propres. Les grandes entreprises exploitent les matières premières et sont presque

exclusivement étrangères. En face, se trouvent les petites entreprises locales, désavantagées par la faiblesse

du climat des affaires. Le mouvement de réformes a été amorcé, mais le chantier avance lentement. La sortie

de ce schéma grâce à la constitution d’une classe locale d’entrepreneurs nécessitera encore du temps et

de l’engagement politique. C’est le défi à relever au cours des prochaines décennies. La Guinée équatoriale

possède en effet d’importants atouts propices à l’entrepreneuriat et à l’industrialisation. Les infrastructures

dont s’est doté le pays sont de classe mondiale, tant au niveau routier, portuaire que sur le plan de l’énergie.

Un autre avantage majeur dans le développement de l’entrepreneuriat en Guinée équatoriale réside dans la

diversité culturelle de sa population et le retour d’une diaspora bien formée et désireuse d’investir dans le

pays. Cette frange de la population est formée essentiellement par des jeunes qui parlent plusieurs langues

et qui représentent un atout propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation, outils nécessaires à la relance de

l'économie.

Perspective économique en Guinée équatoriale

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction