Après avoir traité Bruxelles de « trou à rats », Donald J Trump s’en est violemment pris cette fois aux migrants africains et haïtiens, lors d’une réunion secrète avec les élus sur la politique migratoire des Etats-Unis.  

l'Afrique s'indigne contre les propos "racistes" de Trump

Après les propos « racistes » de Trump, l’Afrique s’indigne

Après avoir traité Bruxelles de « trou à rats », Donald J Trump s’en est violemment pris cette fois aux migrants africains et haïtiens, lors d’une réunion secrète avec les élus sur la politique migratoire des Etats-Unis.   

De New York à Addis-Abeba en passant par Dakar, les pays africains, chacun à sa manière, expriment leur colère contre les propos tenus jeudi dernier par le président américain qui a qualifié Haïti et l’Afrique de « pays de merde ». « Je suis choqué par les propos du Président Trump sur Haïti et sur l’Afrique. Je les rejette et les condamne vigoureusement. L’Afrique et la race noire mérite le respect et la considération de tous. MS », s’est exprimé sur son compte Twitter, le Président Macky Sall du Sénégal qui a dans la foulée convoqué l’ambassadeur américain en poste à Dakar pour lui exprimer son mécontentement. Réaction partagée par Ségolène Royal, ministre honoraire française et candidate malheureuse à l’élection présidentielle qui s’est dit choquée par les propos du Président américain.

A New York, le groupe des ambassadeurs africains aux nations unies a, dans un communiqué publié vendredi 12 décembre après une réunion tenue en toute urgence, exigé des excuses du Président américain. « Je suis consterné par les regrettables remarques attribuées au Président des États-Unis sur les migrants originaires de pays africains, d’Haïti et du Salvador. Je suis d’autant plus consterné par ces déclarations que les Etats-Unis sont un exemple unique de contribution de la migration à la construction nationale fondée sur les valeurs de diversité, de tolérance et d’opportunité. L’UA, avec ses partenaires, continuera à traiter les questions de migration d’une manière qui protège les migrants contre le racisme et la xénophobie, conformément aux instruments africains et internationaux pertinents », s’est à son tour exprimé Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine.

Face au tollé, Donald Trump est finalement sorti de son silence, s’exprimant dans un langage à peine compréhensible. « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était fort mais ce ne sont pas les mots utilisés », s’insurge-t-il sur son compte Twitter, accusant les médias et ses opposants d’avoir délibérément transformés ses propos. Selon un parlementaire ayant pris part à cette réunion secrète, Donald Trump a bel bien prononcé l’expression « pays de merde » et cela, à plusieurs reprises. Pire, il aurait continué en disant que les Etats-Unis ont plus besoin des migrants venant des pays comme la Norvège… Ce qui traduit, selon plusieurs personnes, une comparaison raciste du Président Trump.

Sur les réseaux sociaux, outre l’indignation, les jeunes africains en ont profité pour interpeler leurs dirigeants, qu’ils accusent de « ne faire aucun effort » pour améliorer les conditions de vie de leurs populations afin de décourager la migration.

 

 

Henry Mbuyi
Journaliste correspondant en RDC