Le cas de Malek Dabbouni n'est pas anodin : des personnes porteuses d’un handicap estiment ne pas faire l’objet d’un intérêt…

Grève de la faim d’un jeune handicapé à Tunis

Il souhaite intégrer la fonction publique

Le cas de Malek Dabbouni n'est pas anodin : des personnes porteuses d’un handicap estiment ne pas faire l’objet d’un intérêt particulier en matière d’embauche. Et ce, malgré l’action du gouvernement et de la société civile.

Son "affaire", si on peut l’appeler ainsi, occupe une partie de l’opinion sensible à la place que doit occuper les handicapés en Tunisie. En témoigne le soutien qu’il a reçu de la part notamment des médias.

Son nom : Malek Dabbouni. Originaire de la ville de Médenine, chef-lieu du gouvernorat du même nom situé à quelque 480 kilomètres de Tunis, il mène depuis le 15 novembre 2017 une grève de la faim devant le siège du ministère de la Formation professionnelle et de l’emploi, situé dans une grande artère de Tunis, en vue d’être embauché dans la fonction publique.

Installé dans son fauteuil roulant, habillé d’une "kachabia" (sorte de manteau traditionnel) qui le protège du froid –il fait jusqu’à 7 à 6 degrés dans la nuit à Tunis – et posant une couverture en laine sur ses jambes, il entend obtenir gain de cause. Conscient que la loi lui donne raison : la Loi n° 83-2005 prévoit en effet le recrutement de "personnes à besoin spécifique".

Titulaire d’un Master en informatique, il aurait refusé, selon les dires du ministère des Affaires sociales, un emploi dans une société privée.

L' "état physique et psychologique" de Malek Dabbouni est suivi

Son cas n'est pas anodin : des personnes porteuses d’un handicap estiment ne pas faire l’objet d’un intérêt particulier en matière d’embauche. Et ce, malgré l’action du gouvernement et de la société civile.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a notamment annoncé, lors d’une conférence nationale autour de " l’emploi et le handicap ", en juillet 2017, huit mesures et décisions gouvernementales concernant "l’encadrement, la prise en charge et l’insertion professionnelle des personnes porteuses de handicap".

Pour l’heure, le ministère de la Formation professionnelle et de l’emploi, a déclaré suivre "l’état physique et psychologique" de Malek Dabbouni et a réitéré son "engagement à examiner les différents reçus dans le cadre de ses prérogatives".

Affirmant, par ailleurs, que le recrutement dans la fonction publique des personnes à besoins spécifiques "stipule l’impératif de passer un concours". 

 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie