Organisation des " Rencontres Africa " à Tunis

Comment retrouver une coopération avec l’Afrique subsaharienne ?

A l’instar du Maroc, qui est souvent cité en exemple en matière de coopération économique avec les pays du continent africain, il s’agira d’augmenter le nombre des représentations diplomatiques et le nombre de liaisons aériennes avec les capitales africaines.    

La Tunisie  a vécu, comme Abidjan (Côte d’Ivoire) et Nairobi (Kenya),   les 5 et 6 octobre 2017,  à l’heure des "  Rencontres Africa " qui se veulent un rendez-vous incontournables des décideurs  africains et français (présence de 650 opérateurs). Avec au programme notamment des entretiens et des colloques et autres séminaires en vue d’impulser davantage la coopération économique entre la France et les pays africains.

Rattraper un retard " désolant "

Des rencontres qui ne sont pour la Tunisie à la recherche de nouvelles perspectives pour son économie qui passe par une phase difficiles. Alors que la deuxième édition des "  Rencontres Africa " se tenait à Tunis (la première a été organisée à Paris, en 2016, et a permis de réunir 1500 entrepreneurs français et africains) une délégation de trois représentants du Fonds Monétaire International (FMI) atterrissait dans la capitale tunisienne pour étudier  l’état d’avancement des nombreux chantiers de la réforme de l’économie tunisienne.

L’Afrique, avec notamment une croissance en hausse, intéresse au plus haut point les opérateurs économiques du pays, conscients du fait qu’ils se doivent de rattraper un retard on ne peut plus « désolant », selon les propos d’un exportateur tunisien rencontré aux " Rencontres Africa ".

Il est bien long le chemin qui devra conduire la Tunisie à être une " port d’entrée vers l’Afrique ". La Tunisie a particulièrement beaucoup recul » par rapport aux efforts entrepris notamment par l’Etat au cours des années soixante, à la faveur d’un engagement du premier président de la République, Habib Bourguiba, en faveur des Etats de l’Afrique subsaharienne.

Des années marquées par une coopération exemplaire avec certains pays comme le Sénégal, le Mali ou encore le Niger où des institutions financières tunisiennes ont été crées.

Seulement 4% des exportations tunisiennes

Les chiffres montrent aujourd’hui une faiblesse du courant des échanges avec l’Afrique subsaharienne : seulement 4% des exportations tunisiennes et 342 millions d’euros au niveau des transactions commerciales.

La Tunisie, qui a créé à la faveur du remaniement ministériel de septembre 2017 un secrétariat d’Etat à la diplomatie économique rattaché au ministère des Affaires étrangères, sait ce qu’il devra être fait.

A l’instar du Maroc, qui est souvent cité en exemple en matière de coopération économique avec les pays du continent africain, il s’agira d’augmenter le nombre des représentations diplomatiques et les étoffer de cadres capables de renverser la vapeur et augmenter, par ailleurs, le nombre de liaisons aériennes de la compagnie nationale, Tunisair, avec les capitales africaines.     

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie