Annoncé le 6 septembre 2017, un large remaniement ministériel devra œuvrer à réformer une Tunisie que le président Béji Caïd Essebsi…

Tunisie : parfum de remaniement ministériel

Tunisie : L’heure est aux grandes réformes

Annoncé le 6 septembre 2017, un large remaniement ministériel devra œuvrer à réformer une Tunisie que le président Béji Caïd Essebsi qualifie de paralysé.

 

"Le régime actuel  paralyse l’action gouvernementale. Il  n’aide pas le gouvernement et le pouvoir exécutif en général à accomplir leurs devoirs".

"La  constitution a institué un régime où les prérogatives sont imbriquées." "Tout ce qui bloque ce processus doit être revu. D’où la nécessité de réajustement, et de ne pas persister dans l’erreur, pour éviter des répercussions irrattrapables".

Pour beaucoup d’observateurs, ces propos,  contenus dans une interview donnée par le président tunisien  Béji Caïd Essebsi, et publiée dans l’édition, du 6 septembre 2017, du quotidien arabophone "Assahafa" (La presse) sonnent comme une  volonté de procéder à une révision de la constitution de janvier 2014 écrite par une Constituante élue au sortir de la révolution du 14 janvier 2011.

Des revendications démesurées

La situation décrite par le chef de l’État tunisien a semblé on ne peut plus alarmante pour plus d’un commentateur : "une situation sociale dominée par des revendications démesurées et une situation politique défaillante et effritée, où les partis ne se sont pas assez d’accord, de quoi assurer un  minimum de stabilité, condition bien nécessaire pour la pérennité de l’État, le développement et les grandes réformes".

Une interview publiée le jour même de l’annonce par le chef du gouvernement, Youssef Chahed,  d’un large remaniement ministériel qui a touché onze ministères.

Outre le remplacement de trois ministres qui ont quitté le gouvernement : celui de l’éducation nationale, celui des finances et, enfin, celui du développement, de l’investissement et de la coopération internationale, les nouvelles nominations ont touché notamment deux grands ministères : l’intérieur et de la défense nationale, qui ont changé de titulaire.

La main du président ?

Le premier est un technicien de la sécurité, Lotfi Brahem, et le second un ancien ministre de la défense dans le gouvernement qui a suivi le départ de l’ancien président  Zine El Abidine Ben Ali, Abdelkrim Zebidi.

Le remaniement ministériel comporte un portefeuille auprès du chef du gouvernement chargé des grandes réformes dont la charge a été confiée à  Taoufik Rajhi, jusqu’ici Ministre-Conseiller auprès du Chef du gouvernement chargé du suivi des réformes majeures.

De grandes réformes que le gouvernement dit nécessaires pour sauver l’économie du pays. Du reste exigées par  le Fonds Monétaire International. Certains perçoivent dans ce remaniement ministériel la main du président de la République, Béji Caïd Essebsi.

 

 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie