Après l’éruption du Nyiragongo près de Goma, certains dossiers presque gelés refont surface. Les autorités sont alertées par la…

Congo - Kinshasa

RDC : après l'éruption volcanique, coup d'accélérateur pour dégazer le golfe de Kabuno

Après l’éruption du Nyiragongo près de Goma, certains dossiers presque gelés refont surface. Les autorités sont alertées par la présence massive de dioxyde de carbone dans le golfe de Kabuno situé dans le coin nord–ouest du lac Kivu. Elles accélèrent brusquement la procédure pour dégazer ce golfe enclavé et dont seul un étroit passage le sépare du lac. Il faut désormais des fonds pour éviter le risque de voir des millions d’habitants asphyxiés un jour dans la région. Pour le ministre congolais des Hydrocarbures, c'est désormais une urgence.

Les autorités sont prises d’une peur bleue surtout qu’avec l’activité intense des volcans Nyiragongo et Nyamulagira, le risque est quasi-permanent, de l’aveu même du ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu.

« C’est très dangereux, c’est le dioxyde de carbone qui est à moins de 20 mètres de la surface. Il suffirait qu’il y ait une flamme, une explosion ça va libérer ce gaz et si le vent n’est pas favorable et qu’il se dirige vers Goma, ce gaz va décimer la population. »

Pour dégazer le golfe, il faut environ 5,5 millions de dollars. « Le gouvernement est en train de s’atteler pour que le décaissement se fasse rapidement de façon que l’acheminement du matériel qui va permettre ce dégazage se fasse dans le plus bref délai. »

L'entrepreneur français Michel Halbwachs a été chargé de dégazer le golfe de Kabuno. Ce chercheur français a déjà été impliqué dans le dégazage du lac Nyos au Cameroun qui avait explosé en 1986. « Le lac Nyos a tué plus de 18 100 personnes, là, il y a dix fois plus de gaz, le risque est sérieux. Si on passe à cette échelle supérieure, dans 5 ans il n’y aura plus du tout de risque même si une grosse coulée arrive dans le golfe de Kabuno, elle ne causera pas d’explosion gazeuse. »

Le reste du lac Kivu à Goma regorge lui aussi de quantités importantes de gaz dont le dioxyde de carbone, mais il ne présente aucun risque, car il est loin de la surface, selon cet expert.

Le gaz méthane peut quant à lui être utilisé pour produire l’électricité, ce que fait déjà le Rwanda depuis 5 ans. La RDC traîne les pieds, mais le gouvernement assure cette fois vouloir se rattraper.

Enoch David Aluta
Journaliste