La Cour penale internationale (CPI) crée la polémique ! Combien de chefs d’État africains la CPI va-t-elle encore accuser de…

Analyse

CPI : Une justice à Géométrie variable

La Cour penale internationale (CPI) crée la polémique ! Combien de chefs d’État africains la CPI va-t-elle encore accuser de crimes contre  l’humanité, génocide, crimes de guerres et crimes d’agression ?

N’est-ce pas là, plus qu’une louable mission visant à punir les violations du droit international, un frein au long cheminement vers la démocratie ? Certains présidents africains, suite à la récente révolte burkinabé, ont juré solennellement, ne pas être assez téméraires pour modifier la constitution et songer à reconduire un énième mandat. Force est de constater que la CPI, plus que de pousser à la coopération, effraye l’Afrique.

123 pays ont ratifié le statut de Rome, représentant toutes les régions du monde. l’Afrique est la région la plus largement représentée parmi les états membres de la Cour, avec 34 états sur les 54 que compte le continent. Et, hasard ou instrumentalisation politique, sur les 21 affaires en cours d’instruction, 9 affaires visent des Africains, et 4 mandats d’arrêt ont été émis par une chambre préliminaire composée de 3 juges sur les 18 que comportent la Cour. Des cas, majoritairement à orientation politique, ouverts avant 2012, sous couvert du respect des droits de l’Homme. Vous parlez d’une belle affaire pour Fatou Bensouda, la Gambienne à qui il revient la lourde tâche d’en vérifier le bien-fondé. Au-delà du principe de complémentarité, au-delà du doute raisonnable, au-delà d’une vision manichéenne de la justice, il y a une réalité :  quel est l’intérêt d’autoriser inlassablement l’ouverture d’enquête judiciaire en Afrique alors qu’ailleurs dans le monde, des crimes massifs sont commis en toute impunité ? La Syrie, la Corée du Nord, l’Irak, Israël, la Palestine, la Tchétchénie, etc.

Sacré coup de poignard de la Cour pensent certains africains, dont la majorité songent à se retirer de la CPI. La Cour étant financée majoritairement par les gouvernements et les états partis, le manque à gagner impacterait de manière terrible sur le fonctionnement, au point de remettre en cause la solidité de cette instance autonome et permanente, tant les investigations, les salaires, la tenue des procès coûtent cher à La Haye.
Quel ouroboros merveilleux ! 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction