Le président Ibrahim Boubacar Keïta et le Premier ministre Boubou Cisse viennent d'être arrêtés, affirme un chef de la mutinerie. 

Mali : le Général Moussa Diawara dans le viseur des experts onusiens est-il le prochain à sauter ?

Mali : À qui profite réellement l'effondrement du pouvoir en place ?

Le président Ibrahim Boubacar Keïta et le Premier ministre Boubou Cisse viennent d'être arrêtés, affirme un chef de la mutinerie. Depuis des mois, le Mali souffre de pressions tant à l'interne qu'à l'international. L'opposant principal Soumaïla Cissé a été kidnappé depuis plus de 5 mois. Certains en profitent pour fredonner des airs de partition du territoire. Au mileu de ce sable mouvant s'enfoncent les pieds de Moussa Diawara, l'homme de confiance du président IBK et patron des renseignements que les experts de l'ONU traquent sans relâche et qui n'avait pas vu venir la chute du pouvoir en place. Explications.

Azawad

Moussa Diawara est patron des renseignements depuis sept ans. Il est l'ancien membre de la garde nationale du Mali, le général Diawara a été l'aide de camp du président Ibrahim Boubacar Keïta alors président de l'Assemblée nationale (2002-2007). C'est également le cousin de Oumar Dao, chef d'état-major particulier d'IBK. Moussa Diawara est accusé par les experts de l'ONU d'avoir précipité la fragmentation de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Principal signataire de l'accord d'Alger passé en 2015 avec le gouvernement et la Plateforme, un groupe armé pro-gouvernement. Sans aucun doute, maintenant que le président IBK et le Premier ministre ont les deux genoux à terre, Moussa Diawara sera le prochain à sauter. 

Moussa Diawara

Si le Mali devait faire l'objet d'une scission comme ce fut le cas au Soudan en juillet 2011, cela conduirait à proclamer l'indépendance de l’Azawad, zone désertique du nord-Mali, à la fois saharienne et sahélienne, revendiquée par les touaregs. Le nord-Mali est également une région dotée d'un fort potentiel énergétique et minier.

Pour rappel, ce territoire représente 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Une donnée qui explique en partie la situation actuelle, qui justifie les velléités de partition du pays et les fortes pressions à l'international qu'ont subies IBK et le Premier ministre.

Comment affirmer la souveraineté de son pays quand on peine à circuler librement sur l'intégralité de son territoire ?

"Comment affirmer la souveraineté de son pays quand on peine à circuler librement sur l'intégralité de son territoire ?" questionne Dr Drissa Kanambaye.

À qui profite réellement l'effondrement du pouvoir en place ?

Si comme interroge et commente dans son tweet le politicien français Jean-Luc Mélenchon : "Les Maliens sont dans la rue. (...) Pouvoir populaire ou celui des militaires ? Les Maliens écrivent eux-mêmes leur histoire !" En réalité, l'avenir du Mali s'annonce moins paisible et démocratique que ce qui pourrait être souhaité par un Français qui juge depuis la France.

MÉLENCHON

C'est un vent porté par la force de la pensée extrémiste et religieuse qui s'abat ce soir sur le Mali, un modèle fragile mais démocratique démoli par la mutinerie. Pour laisser place à qui, de quelle manière et pour bâtir quel genre d'État ? 

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction