C'est une ancienne first lady à l'allure conquérante qui s'est exprimée mardi 11 août pour défendre son mari, l’ancien président Laurent Gbagbo bloqué en Belgique où il attend un passeport pour rentrer en Côte d'Ivoire. « L’heure est grave » et « l’avenir s’assombrit » notamment avec la candidature du président Ouattara à un troisième mandat qu'elle juge illégale.

"Je voudrais appeler le chef de l'État à prendre une loi d'amnistie pour rendre M. Laurent Gbagbo éligible"

Côte d'Ivoire : Simone Gbagbo revient sur la candidature du président Ouattara lors d'un discours

C'est une ancienne first lady à l'allure conquérante qui s'est exprimée mardi 11 août pour défendre son mari, l’ancien président Laurent Gbagbo bloqué en Belgique où il attend un passeport pour rentrer en Côte d'Ivoire. "L’heure est grave" et "l’avenir s’assombrit" notamment avec la candidature du président Ouattara à un troisième mandat qu'elle juge illégale.

Pour que Laurent Gbagbo puisse revenir

La vice-présidente du FPI s'exprime rarement et c'est en qualité de "leader d'opinion" qu'elle a choisit de le faire. "Je voudrais appeler le chef de l'État à prendre une loi d'amnistie pour rendre M. Laurent Gbagbo éligible. Je l'invite à lui délivrer un passeport diplomatique. Il y a droit. Et qu'il libère les prisonniers de la crise post-électorale. Et qu'il facilite le retour sécurisé des milliers d'exilés. Qu'il réinscrive sur les listes électorales M. Blé Goudé Charles et pourquoi pas M. Soro Guillaume."

"Le troisième mandat d'Alassane Ouattara illégale"

"La candidature de M. Alassane Ouattara n'est pas recevable. Un chef de l'État ne peut pas se dire et se dédire. Surtout devant la nation. Le respect de la parole donnée doit plus que jamais être observée en politique." Pour autant, après toutes les humiliations qu'elle a subit, en partie à cuase du camp Ouattara, Simon Gbagbo propose en affirmant que "rien n’était encore perdu" et qu’"ensemble", il était "possible de bâtir une Côte d’Ivoire forte, juste et apaisée".

Le RHDP appelle à l'apaisement

Depuis une semaine, les ivoiriens sont au courant : Alassane Ouattara est candidat à l'élection présidentielle du 31 octobre prochain, l’Union de la Jeunesse du RHDP s'active. Elle a tenu une conférence de presse pour appuyer son candidat tout en fustigeant l’opposition qui à l'instar de Simone Gbagbo réfute la légalité d’un troisième mandat du président sortant.

"On ne touche pas à Ado [initiales de Alassane Dramane Ouattara] ": le message est clair. Le RHDP a un candidat, il est hors de question pour les jeunes militants du parti que la victoire d’octobre leur échappe. La première urgence, c’est donc de faire cesser le débat sur l'anticonstitutionnalité d’un possible troisième mandat du président sortant.

"La Constitution n’interdit en aucune de ses dispositions la candidature de notre candidat. À dire vrai, l'attitude de l'opposition procède d'une mauvaise communication, d'une mauvaise compréhension et d'une mauvaise volonté de la classe politique qui refuse d'aborder sereinement l'élection présidentielle du 31 octobre 2020 ", a ainsi tancé Tilkouété Dah Sansan, le président de l’Union de la Jeunesse du RHDP.

Il y a quelques jours, l'opposition manifestait contre la candidature d’Alassane Ouattara. À trois mois de l’élection, la situation politique est déjà tendue. Les partisans du RHDP appelle au calme et se disent légalistes. À ce titre, ils fustigent les manifestants et encouragent plutôt leurs opposants à faire des recours judiciaires s’ils le souhaitent.

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction