Michèle Sabban a assuré de 2012 à 2017 la présidence du R20, une ONG créée par Arnold Schwarzenegger pour rassembler les régions, les provinces et les États fédérés de la planète dans la lutte contre le changement climatique et dans la mise en œuvre du développement durable. Michèle Sabban a également été vice-présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France pendant seize années, où elle était en charge du personnel, de l’administration générale et des marchés publics.

Économie durable : "Le changement se fera pour et par les femmes"

Rencontre avec Michèle Sabban, Présidente du Fonds Vert R20 pour les Femmes

Michèle Sabban a assuré de 2012 à 2017 la présidence du R20, une ONG créée par Arnold Schwarzenegger pour rassembler les régions, les provinces et les États fédérés de la planète dans la lutte contre le changement climatique et dans la mise en œuvre du développement durable. Michèle Sabban a également été vice-présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France pendant seize années, où elle était en charge du personnel, de l’administration générale et des marchés publics.

54 ÉTATS : Michèle Sabban, vous avez crée un Fonds vert pour aider les pays du Sud à s’adapter au dérèglement climatique. Quels sont les impacts du changement climatique sur les femmes ?

Michèle Sabban : Aujourd’hui, parmi les deux milliards de personnes les plus pauvres du monde et les plus impactées par les effets du changement climatique, la grande majorité sont des femmes et des jeunes filles. Les changements climatiques se traduisent souvent par une charge plus importante des travaux domestiques et des soins à la personne (collecte du bois de feu, alimentation en eau, gestion de l’energie etc.), et ces activités sont attribuées aux femmes et aux filles dans de nombreux pays en développement. Aussi, les inégalités entre les sexes en matière d’accès aux ressources productives et naturelles réduisent la capacité des femmes à s’adapter à ces changements brutaux. Nous sommes persuadés que les femmes entrepreneures peuvent jouer un rôle clé dans la transition énergétique et la résilience climatique.

54 ÉTATS : D’après-vous, les femmes africaines sont-elles suffisamment et clairement informées sur le réchauffement climatique ?

Michèle Sabban : Malheureusement, aujourd’hui, les femmes dans les pays en voie de développement, et plus particulièrement en Afrique, sont très peu informées sur le réchauffement climatique. Pourtant ce sont les premières à subir ses effets et ses contraintes.

Je pense qu’il est essentiel et urgent que les femmes et les jeunes filles soient alertées et formées sur ces problématiques majeures, afin qu’elles puissent être actrices de la transition. Elles ont un rôle important à jouer dans cette lutte et c’est une réelle opportunité d’émancipation pour elles.

Le changement se fera pour et par les femmes

54 ÉTATS : Quelles sont les priorités en terme de développement durable pour les femmes issues des États du Sud ?

Michèle Sabban : La priorité pour les femmes issues des États du Sud, c’est avant tout leur émancipation et leur autonomie financière. La transition écologique leur offre un véritable champ d’action et nous nous devons de les soutenir dans leur démarche.

En terme de développement durable, avec le Fonds vert R20 pour les femmes nous avons décidé de porter notre action sur trois activités principales : le développement de l’agroforesterie, l’accès à l’énergie et aux moyens de communication, et la production d’énergie Biomass grâce aux ressources agricoles. Nous sommes également en train de réfléchir aux problématiques relatives à la désertification et à l’accès à l’eau, qui sont très importantes sur le continent africain.

54 ÉTATS : Depuis novembre 2017, la Première dame de Côte d’Ivoire, Madame Dominique Ouattara est présidente d’honneur du Fonds vert R20 pour les femmes. Ensemble, quelles ont été vos premières actions ?

Ouattara et Sabban

Michèle Sabban : Nous avons lancé notre Fonds vert R20 pour les femmes l’an dernier. Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire, a accepté d’en prendre la présidence africaine en Novembre dernier lors d’une réunion sur la "place des femmes dans l’économie verte" organisée en présence de plusieurs Premières Dames africaines.

Cette année, nous nous activons à rechercher les fonds nécessaires au développement des projets que nous avons pu faire remonter grâce à nos référents de terrain. Ainsi, en Côte d’Ivoire par exemple, nos premières actions seront concentrées sur le déploiement de l’agroforesterie et la formation des femmes qui y travailleront.

54 ÉTATS : Et le mot de la fin ?

Michèle Sabban : Les territoires sont des espaces clefs de cohésion sociale et de développement économique. Nous sommes persuadés que c’est à l’échelle régionale qu’il faut agir en priorité, les gouvernements sub-nationaux étant les mieux placés pour mettre en œuvre des projets durables, puisque connaissant parfaitement les ressources de leur territoire.

La COP21 et le One Planet Summit, ont permis de démontrer concrètement la force des écosystèmes locaux dans le développement de projets innovants et la mise en place d’une économie durable.

Je pense que nous devons continuer sur cette lancée et développer trois priorités fondamentales à l’échelle locale : Écologie, Éducation, Économie.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction