Malgré l'intensification des efforts de médiation internationale, sans résultats tangibles, l'impasse politique ibyenne s'est prolongée tout au long de l'année 2017. Depuis el renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 par une révolution et l'aviation de 'OTAN, l'ancien eldorado pétrolier d'Afrique du Nord s'est fragmenté en de multiples fiefs tenus par des milices, dont certaines liés à l'islam radical.

Plus de 100 migrants portés disparus au large de la ville libyenne de Khoms (OIM)

À quand la fin de l'impasse ?

Malgré l'intensification des efforts de médiation internationale, sans résultats tangibles, l'impasse politique libyenne s'est prolongée tout au long de l'année 2017. Depuis le renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 par une révolution et l'aviation de l'OTAN, l'ancien eldorado pétrolier d'Afrique du Nord s'est fragmenté en de multiples fiefs tenus par des milices, dont certaines liés à l'islam radical.

Khadafi

 

Fin 2016, une coalition de groupes armés, pricnipalement issus de la ville portuaire de Misrata en Tripolitaine (ouest), a defait le bastion de l'organisation Etat islamique (EI) à Syrte avec le soutien de l'aviation américaine. Cette victoire a mis fin au péril que faisait peser l'EI sur la Libye à partir de ce sanctuaire. Des noyaux djihadistes ont toutefois survécu à l'assaut et, dispersés sur des vastes territoires où fait défaut une autorité centrale, continuent de présenter une menace.

Ce risque durera aussi longtemps que persistera la fracture entre les deux gouvernements rivaux de l'Ouest et de l'Est. etabli à Tripoli, le gouvernementde Faiez Sarraj peut se réclamer d'une légitimité internationale puisqu'il est issu d'un accord politique forgé en 2015 sous les auspices de l'ONU.

De larges parties du pays échappent toutefois à sa tutelle effective, notamment en Cyrénaique (est), de facto contrôlée par un pouvoir rival dominé par le maréchal Khalifa Haftar, chef en titre de l'Armée nationale libyenne (ANL). Soutenu par l'Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie - nouvelle venue dans ce théâtre libyen post-2011 - le maréchal Haftar se fait le campion de la "lutte antiterroriste" et reproche aux autorités de Tripoli d'être liées aux milieux islamistes.

En juillet 2017, les deux rivaux s'étaient rencontrés à La Celle-Saint-Cloud, près de paris, à l'invittion du président Emmanuel Macron. Cette rencontre a fait naîtrre l'espoir d'une perspective de règlement politique permettant la réunification du pays sous une autorité unique.

Les retombées concrètes en sont toutefois à ce stade limitées. Il revient désormais à Ghassan Salamé, nommé le 22 juin 2017 chef de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), de continuer à explorer les voies d'ne solution politique. M. Salamé espère pouvoir arracher un accord préludant à des élections en 2018. Sa tâche est cependant rendue compliquée par l'émergence de nouveaux acteurs, notamment les fidèles de l'ex-dictateur Kadhafi qui veulent s'arracher à l'ostracisme auquel ils étaient jusque-là condamnés.

Des risques sécuritaires et humanitaires amplifiés

Le péril djihadiste incarné par l'EI, la montée du flux migratoire trabsitant par la Libye vers l'Italie préoccupe l'Europe. En 2016, environ 180 000 migrants pour l'essentiel des Africains subsahariens, avaient atteint les côtes italiennes à partir de la libye. En 2017, ce chiffre avait baisser en raison d'un renforcement de la coopération entre Bruxelles et Tripoli pour le contrôle des frontières maritimes. Aujourd'hui, les migrants sont bloqués en nombre croissant et en Libye, ils sont la proie de groupes criminels qui les rançonnent, les violent et les exploitent. La mort de Khadafi a crée un traffic d'esclaves en Libye.

Noir en Libye

 

Ce type de dérive criminelle se nourrit de la crise qui frappe l'ancien géant pétrolier. depuis 2011, l'instabilité récurrente a brisé les ressorts d'une économie jadis propsère. Une petite lueur d'espoit est toutefois possible. En 2017, la production de pétrole encouragée par l'amélioration de la sécurité dans le "croissant pétrolier" (un arc de terminaux au bord du golfe de Syrte), a rebondi à 620 000 barils par jour, soit deux à trois fois mieux que les années précédentes. Cette reprise devrait permettre à la Libye d'enregistrer une croissance de son PIB - alors que l'inflation, produit de l'atonie de la production non pétrolière, s'était hissée au 1er semestre 2017, à un niveau supérieur à celui de l'année 2016 (28,5% contre 26%). Dans un tel contexte, la population continue de souffrir de ce conflit sans fin.

  • Chef de l'Etat et Premier ministre  : Faiez Sarraj
  • Superficie : 1 760 000 km2
  • Population : (HAB.) 6,4 millions
  • PIB : (MD $) 33,3
  • Croissance : 55,1%
  • Chômage :  17,7%
  • Monnaie : Dinar libyen (0,61€)
  • Émissions de CO2 : (T/hab.) 9,6 (35)

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction